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Verisign
a décidé de revendre les noms, adresses physiques et numéros de
téléphone des 6 millions de personnes et sociétés qui ont acheté
un nom de domaine chez Network Solutions (NSI). Selon ZDNet, les
adresses e-mails ne seront pas revendues, histoire de faire bonne
mesure probablement au sein d'une communauté internet qui voit
le spam, et la revente des données personnelles, comme les pires
des infamies. NSI avait été chargée il y a quelques années, par
le gouvernement américain, de gérer les .com, .net et .org. Si
la revente desdites données fait la joie des pros du marketing
direct, il s'agit ni plus ni moins que de l'exploitation d'une
privatisation, multinationale et américaine à à la fois, du nom
des rues de l'internet. Mais il y a mieux.
Selon Transfert,
AOL et Time Warner seraient en passe de fusionner leurs fichiers
clients. Les deux géants de la communication ayant fusionné, le
mois dernier, pour la modique somme de 112 milliards de dollars,
ils se doivent d'augmenter leur chiffre d'affaires, ne serait-ce
que pour tenir la course en Bourse. Et quoi de mieux, aujourd'hui,
que d'exploiter par deux fois ses clients ? Une fois en leur vendant
tel ou tel produit, même si, comme avec AOL, il s'agit ni plus
ni moins que d'une escroquerie (voir, entre autres, sa récente
condamnation),
une autre en revendant les données collectées à l'occasion de
leurs achats "réels", et surfs en ligne. Car si AOL, issu du net,
a une politique en matière de protection des données personnelles
"relativement" restrictive, c'est loin d'être le cas de Time Warner,
qui aimerait bien pouvoir optimiser les profils clients d'AOL.
Selon une étude de Jupiter
Media Metrix, les sites internet d'AOL TimeWarner Inc. ont
représenté 32,7% du temps passé en ligne aux Etats-Unis au mois
de janvier dernier (en comparaison, Yahoo avance 7%, MicroSoft
6%). D'autre
part, 72,3% des internautes "domestiques", et 72,1% de ceux
qui se connectent au travail, ont au moins une fois visité un
site du conglomérat. Selon le rapport, sur les 97.8 milliards
de minutes passées sur l'internet le mois passé, 31.6 milliards
le furent sur des sites d'AOL Time Warner. Leurs fichiers clients
compilés représentent rien moins que 130 millions de gens, plus
de deux fois la population française.
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Les Pays-Bas sont, après la Grande-Bretagne, le second pays de
l'Union à mettre en pratique une résolution, votée en 1995, qui
vise à contraindre les opérateurs internet et de téléphonie mobile
européen de téléphonie mobile européens à fournir, aux autorités,
des interfaces permettant de pratiquer en permanence des écoutes
en temps réel sur leurs réseaux. Selon ZDNet,
qui rapporte un article de Telepolis,
les FAI néerlandais ont fait savoir dans une lettre alarmiste
à leur gouvernement qu'un tiers d'entre-eux pourraient être acculés
à la faillite. Selon Transfert,
les forces de l'ordre mandataient 3 000 mises sur écoute téléphoniques
par an depuis des années. Depuis 1998, date à laquelle les opérateurs
de téléphonie mobile ont mis en place une infrastructure technique
leur permettant de surveiller leurs clients, le nombre d'écoutes
annuelles est passé à 10 000.
Selon Ping
TimeOut, l'Allemagne serait aussi sur les rangs : Telepolis
aurait reçu une ébauche du TKUeV (Telekommunikations-Ueberwachungsverordnung),
dans laquelle sont définies les règles destinées a mettre en place
un système d'écoute au niveau des providers (ISP) de prestations
téléphoniques ou d'accès a Internet, sous peine d'amendes allant
jusqu´à 20.000 DM. Chaque provider doit être en en moyen de mettre
en place une écoute dans les 10 minutes pendant les heures de
travail, ou dans les 6 heures en dehors de celles-ci, même moins
si le commanditaire de l´écoute met à disposition les moyens de
transport. Les informations devant être écoutées vont des informations
de connexion, jusqu'au contenu même des communications, décryptées
si jamais elles sont cryptées (ce qui est a priori impossible,
mais permet de criminaliser l'utilisation de la crypto). Par ailleurs,
les écoutes en Allemagne ne cesseraient d'augmenter : de 9800
écoutes en 1998 on en arrive à 12.600 en 1999...
Toujours selon Transfert,
la police néo-zélandaise vient quant à elle de s'engager à payer
1,1 million de dollars (7,9 millions de francs) à Vodaphone pour
pouvoir déchiffrer plus facilement les communications téléphoniques
qu'elle intercepte. Mais c'est du côté des Anglais que l'on s'active
le plus. Passé nettement plus inaperçu que le sinistre Rip
Act, le "Terrorism Act" voit des terroristes partout, en tout
cas chez les "dissidents". Ainsi, l'utilisation de la "menace"
(threat) en vue d'influencer l'opinion ou le gouvernement pour
des raisons "politiques, idéologiques ou religieuses",
les "dommages sérieux à la propriété" ainsi que les actions
en vue de "perturber gravement un système électronique"
peuvent aujourd'hui être qualifiés de "terroristes".
Autrement dit, rapporte Transfert,
si José Bové avait été jugé en Angleterre pour le démontage du
Mc Do et la destruction du champ d'OGM, il aurait pu être qualifié
de "terroriste", et risquer la prison à vie. La Confédération
paysanne aurait pu être purement et simplement interdite, ses
militants et sympathisants devenant dans la foulée des terroristes
potentiels, fichés comme tels. Leur site web, prônant de telles
méthodes, aurait lui aussi été interdit, ainsi que toute présentation
sous un jour favorable de leurs revendications, qu'il s'agisse
de tracts, affiches, T-Shirts, etc. Les journalistes ne sont pas
plus épargnés : ils risquent en effet cinq ans de prison s'ils
refusent de révéler leurs sources dans le cas où ils ont été en
contact avec des "terroristes".
En France, l'avant-projet de Loi sur la Société de l'Information,
publié il y a quelques temps sur Transfert,
entend lui aussi criminaliser l'utilisation de la cryptographie
en la considérant comme une double circonstance aggravante (en
cas d'utilisation lors d'un délit, en cas de refus, ou d'impossibilité,
de remise d'un message chiffré en clair), autorise le télé-flicage,
double les peines prévues par la loi anti-pirate tout en criminalisant
l'utilisation d'outils de sécurité informatique, et requiert une
durée de conservation des logs d'un an, ce qui fait
bondir certains défenseurs des droits de l'homme sur internet,
pour qui cela revient à faire entrer de plein pied la France,
"patrie des droits de l'homme", dans l'ère de la société
de surveillance.
Pendant ce temps-là, d'aucuns parlent de monter une "coordination
anti-répression à même de mener une action en justice contre
le fichage international, arbitraire, illégal et massif des militants
antiglobalisation". Les méthodes policières lors du Sommet
de Davos posaient la question de l'existence, au niveau européen
voire transatlantique, d'un fichage
politique (avec photos et empreintes) des activistes anti-mondialisations.
La signataire de l'appel affirme détenir des "preuves écrites
d'une transmission illégale entre États de données non
fondées juridiquement. Cela nous permet de souligner qu'il y a
eu infraction par des États, et notamment les États
suisse et tchèque, aux lois sur la communication des données,
et à plusieurs articles de la Convention Européenne des Droits
de l'Homme relatifs à la présomption d'innocence, au respect
de la vie privée, à la liberté de circulation et d'expression".
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Depuis le 1er janvier 2000, l'Australie censure l'Internet, mais
ça ne suffit pas. Un nouveau projet de loi, rapporté par Transfert,
vise à renforcer la législation existante, jugée par trop laxiste
: tout site web proposant des contenus pouvant, potentiellement,
ne pas convenir aux enfants, pourra ainsi être condamné à une
amende de 10 000 dollars australiens (38 000 F). En comparaison,
la vente de matériel "offensant" à un mineur est punie de 5 000 dollars
australiens (19 000 F) lorsqu'elle a lieu "hors ligne". Et quels
sont ces thèmes jugés non appropriés pour les enfants ? Le sexe,
mais aussi la référence au suicide, au crime, à la corruption,
aux problèmes de couple, aux traumatismes émotionnels, à la dépendance
à l'alcool et autres drogues, sans oublier la mort et les maladies
graves, le racisme, la religion...
Toujours au chapitre "régulation", et toujours selon Transfert,
l’Agence des télécoms de la Côte d’Ivoire part à la chasse aux
"fraudeurs" : "Certains cybercafés sont hors la loi. L’État
a passé des accords avec Côte d’Ivoire Telecom [détenu par France
Télecom et dont les dirigeants sont français] qui stipulent que
cet opérateur a le monopole du transport de la voix jusqu’en 2004".
L’ATCI promet, pour la semaine prochaine, une série de descentes
policières dans les cybercafés d’Abidjan : les tarifs y sont nettement
moins prohibitifs qu'en passant par une ligne téléphonique classique,
logique, ça passe par le le net, on ne paie que la communication
locale, pas l'internationale... Alors que France Telecom a fait
l'exploit de perdre de l'argent le jour de l'introduction en Bourse
d'Orange,
et que Michel Bon, PDG De France Telecom, a l'outrecuidance de
signer une tribune libre dans Le Monde où il en appelle à la réduction
de la fracture numérique (voir l'analyse, cinglante, qu'en donne
le responsable de developpement-local.net
sur l'uZine
du minirézo), ZDNet
nous prévient : "les internautes connectés par l'ADSL qui n'utiliseraient
pas les modems homologués par France Télécom sont passibles de
poursuites".
Mais c'est du coté des USA et de l'Organisation Mondiale du Commerce
qu'ils se lâchent vraiment, là. Selon Act
Up et APRIL,
qui parle de crime contre l'humanité, 100 000 séropositifs brésiliens
sont menacés de mort à cause de la loi sur les brevets. Cinq sociétés
américaines exploitent le brevet de l'AZT, un médicament qui sert
aux trithérapies. Pour Vakooler,
"bien que le prix de la production d'une dose pour soigner
un patient pendant 1 an ait été estimé par MSF à environ $350,
elle est commercialisée $10000 aux États-unis. Certains pays pauvres
comme le Brésil ont voté une loi pour permettre au nom des « droits
de l'homme des patients », de produire localement les médicaments
nécessaires, à moindre coût. Plus de 90.000 personnes peuvent
bénéficier gratuitement de traitements contre le VIH au Brésil
et le taux de mortalité dû au sida a été réduit de 50 %. Peut-être
plus pour longtemps : le 1er février, l'OMC a reçu la requête
des USA contre le Brésil pour juger de la conformité de la loi
brésilienne sur la propriété intellectuelle avec les accords de
l'OMC." Autrement dit, "Le gouvernement de Mr Bush estime
que cette loi, qui permet à 100 000 personnes atteintes du Sida
de survivre avec des traitements antiviraux génériques, met en
danger les brevets de ses compagnies pharmaceutiques." Le
5 mars 2001 s'ouvrira à Pretoria le procès intenté au gouvernement
sud-africain par une coalition de 40 laboratoires. Son seul tort
est d'avoir envisagé d'appliquer des dispositions légales des
accords de l'OMC pour améliorer l'accès aux traitements contre
le SIDA pour les 4.2 millions de séropositifs du pays.
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Vous avez peut-être vu cette publicité d'AOL à la télé prônant
le "contrôle parental". AOL ne s'en vante pas sur son site
web, le seul communiqué de presse sur le sujet datant du 16 mai
2000, à l'occasion du lancement de leur outil de filtrage, accompagné
d'une "étude" de la SOFRES intitulée "Les
Parents face à Internet". On y apprenait, entre autres, que
"72 % des parents ont le sentiment que leurs enfants connaissent
et maîtrisent mieux Internet qu'eux-mêmes". PeaceFire,
qui n'a de cesse de démontrer l'inefficacité des logiciels de
filtrage, et l'idéologie qui les sous-tend, ne dit d'ailleurs
pas mieux : sa devise est "Ce n'est pas un crime d'être plus
futé que ses parents"...
L'Union des Consommateurs Américains vient de confirmer ce que
PeaceFire révèle depuis longtemps. Dans une étude sur les "chaperons
numériques pour enfants" (AOL, Cyber Patrol, Cyber Sitter
2000, Cyber Snoop, Internet guard dog, Net Nanny et Norton Internet
Security 2001 - voir l'article
de Transfert), on apprend que les filtres (US) d'AOL ne bloquent
pas 30% des sites pourtant classés "indécents", mais censurent
en plus 63% de sites politiques et de sociétés qui n'ont rien
de choquant... dont PeaceFire.
Mais le contrôle (parental ou pas) ne s'exerce pas que du côté
du filtrage. L'AFP titrait ainsi récemment: "Des
logiciels en guerre contre l'adultère et le travail improductif",
autrement dit, : "Découvrez tout ce que votre conjoint, votre
enfant ou vos employés font sur l'internet". Ces "sniffers",
ou "key loggers", enregistrent les URL des sites visités, les
touches frappées sur le clavier, et peuvent aussi faire ces copies
d'écran. On savait qu'ils servaient, et servent de plus en plus,
à fliquer les employés, voire ses enfants. Il semblerait que les
que les pseudos-cocu(e)s soient le nouveau coeur de cible.
"Nous
avons fait un petit test: les bandeaux publicitaires ayant trait
à l'adultère attiraient 5 fois plus de monde que ceux destinés
aux parents !", déclare ainsi Doug Fowler, PDG de SpectorSoft,
dont la moitié des clients sont des "conjoints soupçonneux".
Et de rajouter, en toute subtilité : "Franchement, je ne pense
pas que les époux adultères et les pédophiles devraient avoir
le droit de se draper dans le respect de la vie privée". Cool
: la ménagère de moins de cinquante ans, cyber-débranchée, va
enfin pouvoir se mettre à l'ordinateur, histoire de vérifier que
son internaute de mari n'est pas pédophile ! Ainsi, les femmes
au foyer qui n'ont jamais utilisé un ordinateur représentent 80%
des appels d'assistance téléphonique de WinWhatWhere. Quant aux
risques de dommages collatéraux, de divorces, de flicage indus,
etc., pas d'problème, les éditeurs ont tout prévu : ils indiquent
dans les conditions d'achat que leur logiciel ne peut être installé
qu'avec l'accord de la personne espionnée...
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Une start-up danoise propose un système d'antivol mouchard fonctionnant
avec la norme Bluetooth. Il se présente sous la forme d'une puce
électronique qui déclenche l'alerte dès que son propriétaire s'éloigne
plus que prévu de l'objet qui l'intègre. L'objectif est de garder
un oeil sur tout, "des valises, des ordinateurs des bicyclettes
et même des enfants" (sic). Comme le rapporte ZDNet,
en cas de perte, la puce devra être capable de stocker les informations
personnelles de son propriétaire, et de les indiquer au « personnel
autorisé », police ou sécurité de l'aéroport, qui n'auront alors
aucune difficulté à retrouver le dit propriétaire.
Toujours selon ZDNet,
"Motorola veut mettre des puces dans les canettes. Objectif :
pouvoir localiser n'importe quel produit, étudier le « comportement
des consommateurs » e consommateurs » et gérer au mieux les stocks
dans les différents points de vente par le biais d'une étiquette
électronique, développée par le Massachusetts Institute of Technology,
tellement bon marché et plus forte que le code barre qu'on pourrait
en mettre partout, pour surveiller n'importe quoi et tout le temps
! À terme Motorola pense bien entendu à un réseau de bornes « mondial »
afin de savoir en temps réel où se trouve chaque produit...
Un petit dernier pour la route ? Singapour vient d'annoncer que
tout chien se rendant sur le territoire singapourien devra, à
compter du 1er mai, porter une puce électronique. De la taille
d'un grain de riz et implantée sous la peau du cou des animaux,
elle sera assortie de son dossier vétérinaire, afin d'éviter que
ne s'y développe la rage, encore absente du pays, et autres maladies
contagieuses et bestiales. Selon la dépêche de Reuters,
l'Autralie et la Nouvelle-Zélande font de même pour tous les animaux
importés, quand la Grande-Bretagne s'en sert pour mieux identifier,
et éviter de mettre en quarantaine, les animaux correctement vaccinés.
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L'uZine du minirézo publie plusieurs articles sur l'anonymat.
Il y est question du droit au pseudonymat, parce que "la grandeur
d'Internet, c'est sa capacité de permettre à n'importe qui d'écrire
n'importe quoi ((c) F. Giroud). C'est la possibilité unique qu'il
nous offre de devenir maîtres de nos visions du monde et
de pouvoir les communiquer sans intermédiaires. C'est l'utopie
du « je » qui parle à d'autres « je » sans la présence des parasites
(journalistes, médiateurs de tous poils, ...) dissimulant leur
hallucinante médiocrité derrière l'auto-proclamation réitérée
de leur talent et de leur indispensabilité. Si le web libre (indépendant
ou pas) veut continuer à être l'organe de tous pour tous, et non
pas la chasse gardée d'une petite clique de « professionnels »,
deux conditions sont à mon avis nécessaires : l'Anonymat, ou plus
exactement le pseudonymat, et l'Amateurisme, il est en effet souhaitable
que les gens qui contribuent à un projet collectif possèdent une
possèdent une indépendance financière hors media. En conclusion,
il me parait qu'Amateurisme et Anonymat sont les deux mamelles
du Web libre" (voir Anonymat
et Amateurisme). Un autre s'en fout, lui, de l'anonymat. Ou
plus exactement, de celui tel que proposé par une start-up qui
a fait de l'envoi de mails anonymes son business plan (voir CAO
: Corbeau Assisté par Ordinateur). Voir aussi, dans le même
genre, L'affaire
Julien Nickname, l'histoire d'un mec qui doit changer de nom
suite à une cyber-diffamation.
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Lundi
12 février 2001, 21h20. NEW YORK (Reuters) - "Nous sommes
en retard sur la révolution mondiale des télécommunications, nous
devons nous mettre à jour", a constaté Mike Hayden, directeur
général de la National Security Agency, blâmant les difficultés
de ses services à s'adapter à l'ère post-guerre froide dans un
entretien diffusé dans l'émission "60 Minutes II" sur la chaîne
télévisée américaine CBS où il n'a pu, non plus, s'empêcher de
parler de la menace que faisait peser Ossama Ben Laden (voir James
Bondieu au pays de la crypto).
Cet atermoiement est également relayé par une autre dépêche de
l'agence
Reuters, décidément à la pointe de la veille
techno appliquée aux grandes oreilles américaines. Des parlementaires
chargés de "surveiller" la NSA, la CIA, et caetera, y déclarent
en effet : "Financer, moderniser la NSA et la maintenir à la
pointe des évolutions technologiques est la principale priorité
de notre comité pour cette année". Mieux : alors que les USA
n'ont toujours pas reconnus officiellement l'existence du système
Echelon, Reuters rapporte que la NSA intercepte les communications
téléphoniques, e-mails et fax via des stations d'écoutes et d'interceptions,
des satellites et "d'autres moyens techniques" répartis
dans le monde entier, et qu'elle est de plus en plus sévèrement
critiquée... pour son incapacité à mettre à jour ses technologies.
Si le budget des services de renseignements américains est classifié,
des experts penchent pour quelque chose comme 30 milliards de
dollars/an, les derniers chiffres rendus publics en 1997 et 1998
parlant de budgets se montant à 26.6 et 26.8 milliards de dollars,
toujours selon Reuters. Si les parlementaires refusent d'en dire
plus, ils avancent également que la CIA a besoin de renforcer
le nombre, et les moyens, alloués aux agents recrutés à l'étranger.
De son côté, Nancy Pelosi, sénatrice de Californie, estime qu'il
faudrait rendre le budget public et engager plus de femmes à la
tête des principales stations d'écoutes et d'interceptions...
De son côté, l'anonymizer SafeWeb
a annoncé le prochain lancement de "Triangle
Boy", un nouvel outil, de type peer to peer, de surf anonyme
dont une version propriétaire et améliorée servira aussi aux agents
de la CIA qui, via In-Q-Tel,
son fonds d'investissement, a investi dedans (voir SafeWeb,
la CIA, et moi, et moi, et moi sur Transfert,
La CIA achète son anonymat sur internet sur ZDNet et Quand
la CIA veut surfer à couvert... sur VNUnet). La CIA, par ailleurs,
vient de franchir un cap sémantique majeur en renommant son sinistre
Carnivore en un badin DCS1000...
La NSA, quant à elle, vient d'annoncer qu'elle allait offrir à
deux de ses agents des royalties pour avoir inventé, et vendu
à la société Raytheon, "Silent
Runner", un outil d'audit et de surveillance des réseaux en
temps réel. Ces dernières années, IBM, Lockheed Martin, Marconi,
Allied Signal et Annapolis Micro Systems ont eux aussi bénéficié
d'outils créés, puis vendus, par la NSA. Les Américains sont décidément
très fort en com'.
En France, il n'existe pas de service de presse, pas plus que
de commission parlementaire de surveillance des activités de "nos"
services de renseignements. Une proposition
a bien été faite par le sénateur Paecht (celui qui dirigea la
commission d'enquête française sur Echelon et consorts), mais
toujours pas validée.
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Nortel
vient d'annoncer que son chiffre d'affaires serait deux fois moindre
que prévu et que ses bénéfices n'atteindraient que le tiers de
l'objectif fixé auparavant, perdant 30
milliards de dollars de capitalisation boursière, entraînant
nombre de chutes
boursières, et même des /a>, et même des plaintes.
Bon, ça arrive souvent ces temps-ci, mais le plus drôle, c'est
de voir comment ils espèrent pouvoir s'en sortir (si l'on excepte
les 10
000 licenciements prévus, et les investissements massifs prévus
en... Chine).
ZDNet nous révèle en effet son nouveau business
plan, intitulé rien moins que l'Internet Personnel,
et que l'on trouve là : Your
Location: Home / Leadership / Personal Internet (la géolocalisation
de la page en question est déjà suffisamment claire en elle-même,
non ?).
La présentation de cet Internet Personnel se présente sous
la forme d'une reprise... d'Imagine, de John Lennon : «Imaginez,
un réseau qui sait qui vous êtes, où vous êtes, et peut vous joindre
sur votre téléphone mobile comme à votre PC de bureau. Mieux encore,
imaginez qu'au lieu de trouver votre contenu web, c'est lui qui
vous trouve ». C'est-y pas beau, franchement ? Selon ZDNET,
"la technologie de Nortel innove peu, utilise toute une batterie
de « mouchards » pour sui suivre en détail la navigation de l'internaute,
tel que l'envoi de Cookies sur le disque dur de l'utilisateur,
ou le suivi d'adresse IP afin de connaître son parcours. Petite
originalité, le système est également capable de déterminer quelle
application (lecteur multimédia, éditeur de texte ou d'animation)
a été utilisée, pour quoi faire, quand et bien entendu par qui".
Pour une présentation plus détaillée des dernières innovations
en la matière, et notamment la technologie du moteur de règles
marketing, celle du filtrage collaboratif, des marqueurs dynamiques
liés aux cookies, au javascript et à l'ASP, voir le dossier de
VNUnet consacré à la "Personnalisation
ou les techniques du marketing interactif". Le schéma est
un peu compliqué, mais, grosso modo, «Plus on a de données, plus
les recoupements sont faciles et moins l'on a de risque de se
tromper». De son côté, Transfert
rapporte que "selon le cabinet Jupiter communications, si un Américain
a reçu 40 messages publicitaires en 1999, il devrait en recevoir
plus de 1 600 en 2005, générant ainsi 53 milliards de dollars
de chiffre d'affaires. La Commission européenne s'est penchée
sur le sujet et a estimé à 10 milliards d'euros (65,6 milliards
de francs) par an le coût du spam mondial". Un coût supporté par
la communauté dans son entier : c'est l'internaute qui paie la
bande passante utilisée pour qu'il soit spammé, contrairement
aux prospectus publicitaires qui plombent nos boîtes aux lettres
"réelles".
ZDNet
rapporte également que le site anglais 192.com
a racheté les noms et adresses de quelques 45 millions de citoyens
britanniques, obtenus grâce aux listes électorales et dont il
propose la consultation à qui veut bien s'enregistrer chez eux
(gratuitement, bien entendu). Également au menu : la liste,
avec n°, adresse et tout et tout, de tous les téléphones publics
britannique, celle des PDG et de leurs sociétés, et quelque chose
comme 55 millions d'identifiants consultables par Wap, ou sur
CD. Pour ne pas figurer sur ces fichiers, il faut let le leur
demander, ce qu'on appelle pudiquement l'opt-out. Encore faut-il
savoir que, du fait même de s'inscrire sur une liste électorale,
on se retrouve d'emblée dans le méga-fichier de cette société,
qui a par ailleurs été nominée aux Big Brother Awards anglais.
Tenez, toujours à propos des bases de données. On apprenait récemment
qu'un certain nombre de fichiers policiers étaient corrompus parce
que mal entretenus, conservés et protégés (voir Fiche,
fiche, ça fait du bien). En matière de base de base de données
ADN, on apprenait aussi que plus il y a d'entrées, moins les recoupements
peuvent être pertinents (voir L'ADN
au service des atteintes aux droits de l'homme). Transfert
rempile sur la question en rapportant que le fichier
des délinquants sexuels de l'état du Texas (celui où sévit
Bush pendant un temps), consulté chaque mois par plus d'un million
d'internautes (c'est gratuit, ils ne vont pas se priver !), est
lui aussi corrompu... Si la police affirme ne pas être responsable
des erreurs, elle n'en vend pas moins les empreintes digitales
des personnes fichées.
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NoSpoon
soulève un étonnant parallèle : d'un côté, un collier
pour chien muni d'un émetteur radioélectrique qui balance une
"légère" décharge si le toutou de ses maîtres va trop loin. En
option : un pulvérisateur incorporé, pour gazer les clebs qui
ne comprennent toujours pas qu'il y a des limites à ne pas dépasser
(celle du jardin, par ex.). De l'autre, une prothèse électronique
télécommandable à distance qu'un médecin a développé pour pallier
aux défaillances de certains systèmes nerveux, et lutter contre
la douleur. Effet du hasard aidant, il s'est aperçu qu'elle pouvait
aussi déclencher un orgasme
sur commande auprès des femmes qui l'ont testée.
Précisons donc un peu le propos, et étendons la question. Digital
Angel, 1er opérateur mondial de puces électroniques incorporées
à même les animaux (question de traçabilité, histoire d'éviter
de les perdre dans la "nature"...), et puis les êtres humains,
tant qu'à faire (enfants, employés, prisonniers, agents secrets,
même combat), vient d'annoncer son nouveau partenariat
avec ATT, dont le porte-parole est tout excité à l'idée d'offrir
à ses clients une technologie que l'on avait vu, jusqu'ici, que
dans les films de SF, ainsi qu'avec Medical
Advisory System, dont il prend le contrôle du conseil d'administration
et dont le métier est d'offrir une permanence 24/24h, 7/7j et
365/365j en terme de contrôle et de suivi médical à distance et
partout dans le monde.
Avec un peu d'efforts encore, d'amour du meilleur des mondes et
d'espoir en la science, d'ici peu, gageons que les enfants, voire
les taulards, pourront eux aussi bénéficier d'un implant leur
permettant d'être punis, ou récompensés, en fonction de ce qu'ils
ont fait, ou pas. Exactement comme les souris et autres animaux
de laboratoires à qui l'on envoie une décharge électrique lorsqu'ils
appuient sur le mauvais bouton, et un stimulant lorsqu'ils ont
enfin compris. Sauf que ce sera aux parents, ainsi qu'aux administrations
centrales, de payer/s'abonner, pour le "coup". Mais bon, ce doit
encore être un truc de science fiction...
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Tombées coup sur coup en pleine nuit, deux dépêches alarmistes
révèlent une nouvelle face insoupçonnée du terrible pouvoir de
nuisance de l'internet. Jusque là en effet, les "pédo-nazis" tenaient
le haut du pavé : il semble fort qu'il faille désormais y rajouter
les terroristes islamistes se servant de messageries pornographiques
pour s'échanger des messages cryptés...
La première dépêche, de Reuters, apparue à 23h00, titrait "L'internet
sert de boîte aux lettres au terrorisme mondial" la seconde,
de l'AFP, à 23h03 : "Des
messages secrets terroristes sur des sites pornographiques"
Diantre. De l'action, du sexe, des bons gros méchants, des gadgets
technoïdes en diable... tout pour plaire.
L'"information", ou plutôt la rumeur, émane du quotidien américain
USA
Today, et nous avons cherché à la décrypter : non seulement
le journaliste qui a pondu le papier est un "honorable correspondant"
des services de renseignements américains, mais aussi un fervent
croyant, tellement illuminé par le Saint Esprit qu'il est capable
de déclarer : "Je suis trop bête pour trouver les histoires
moi-même"... laissant entendre que c'est Dieu en personne
qui les lui dicte. Voir l'intégralité du décryptage : James
Bondieu au pays de la crypto.
A lire aussi Le
FUD expliqué aux newbies, un texte de Brian Martin, d'attrition.org,
que nous venons de traduire en français. Fear, Uncertainty
and Doubt, ou comment générer de la peur chez les gens pour
mieux faire passer une intox', le tout agrémenté de quelques conseils
pour répondre à ce genre de désinformation/manipulation. & bonnes
lectures...
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bUg
<BR>0th3r
Index, blahblah
Internet
& vie privée
12 conseils de l'EFF (en VF)
Ordinateur
& Sécurité
Crypto, PGP, mots de passe...
RE:vue
d'b!gb@nd
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