bUg <BR>Oth3r
do you really think Big Brothers are sexier ?)

Bb)
You Watch, We Watch


sur Bb) Google

Manuels :
Vie privée
12 conseils de l'EFF
Sécurité
Crypto, PGP, stégano...

Outils :
Spammimic
stégano-"spam"
PlayMaker
stégano-dial
Eraser
effacement sécurisé

 


Libérons la crypto : http://www.LSIjolie.net

James Bondieu au pays de la crypto

Les terroristes islamistes seraient passés maître dans l'art d'utiliser la cryptographie. Il paraît même qu'ils s'en serviraient pour cacher des messages secrets dans des photos… pornos. C'est en tout cas ce qu'avançait, en février dernier, foi de "secret services", un journaliste on ne peut plus illuminé.

Maniant le FUD (voir Le FUD expliqué aux newbies) comme d'autres manient la baguette, ou le gourdin, le quotidien USA Today avance que la cryptographie sert aujourd'hui les sombres desseins du terrorisme international, le tout sur fond d'images pornos et d'utilisation débridée de l'internet. Quatre terroristes islamistes liés à Oussama Ben Laden, classé depuis des années dans le "Top 10 Most Wanted" du FBI, étaient en effet jugés à New York. Ils avaient, entre autres, fait exploser le World Trade Center, mais aussi les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya, causant la mort de 224 personnes, et se seraient servis, à ce dessein, de messageries pornographiques et de sites de sport pour communiquer de façon cryptée, confidentielle et sécurisée. L'article précise que cela fait bien 5 ans qu'ils ont adoptés de puissants outils de cryptographie, et qu'ils s'en servent d'autant plus que les services de renseignements américains ont déclaré qu'ils surveillaient les télécommunications de ben Laden. Les terroristes enseigneraient même la crypto dans des camps d'entraînement situés au Soudan et en Afghanistan. Preuve de leur compétence en la matière : il aurait fallu un an au FBI pour parvenir à décrypter certains des messages qu'il avait interceptés, et découvrir qu'ils prévoyaient également de faire sauter onze avions américains. Mais pourquoi, donc, présenter la crypto comme étant à l'odieux service des terroristes ?

Le sexe, la violence et les services secrets
Selon Wayne Madsen, un ancien agent de la National Security Agency passé depuis à l'Electronic Privacy Internet Center, interrogé par Wired, tout ceci ne serait que pure "idiotie (...) je pense que tout a été pipeauté, c'est de la désinformation (perception management)." De fait, s'il n'est nulle part fait mention des désormais célèbres "pédo-nazis", on retrouve ici tout l'arsenal sémantique nécessaire à une bonne grosse diabolisation de l'internet, le tout nappé d'une crème typiquement américaine. Au menu : du sexe, de la violence et une tripotée de gadgets d'espions high tech. James Bond, en somme. Dans le rôle du méchant : Osama ben Laden, l'ennemi public n°1 des états-uniens depuis que, suite à la chute du Mur, le terrorisme islamique est présenté comme l'une des principales menaces à la toute-puissance américaine. Dans le rôle des gentils : les services secrets américains qui, le journaliste ne s'en cache pas, sont à l'origine de l'article. Ceux-ci cherchent depuis des années à criminaliser l'utilisation de la cryptographie, qui les empêche d'accéder en clair aux communications de leurs "cibles".

Crypto, késako ?
Sauf qu'elle sert aussi à protéger dissidents, journalistes et défenseurs des droits de l'homme, notamment ceux qui n'ont pas la chance de vivre en démocratie. Qu'elle est de plus en plus utilisée pour sécuriser les transactions électroniques parce qu'il est justement très difficile, pour ne pas dire impossible, de déchiffrer un message crypté. De même, la stéganographie, qui servirait à cacher les messages secrets dans les images pornos, est présentée comme l'équivalent cyber de l'AK47 des terroristes d'antan. Alors qu'il s'agit tout bonnement de l'équivalent high tech de l'encre invisible, connue de tous les apprentis James Bond de moins de 12 ans qui s'amusent à écrire avec du jus de citron sur une feuille blanche, le message n'apparaissant qu'en plaçant la feuille devant une source de lumière. De plus, la stéganographie sert surtout aujourd'hui à tatouer, et effectuer une traçabilité, des images et fichiers sons copyrightés, de nombreuses sociétés s'étant placées sur ce créneau, très porteur, du droit des marques et de la propriété industrielle.

"Je suis trop bête pour trouver les histoires moi-même"
Une autre explication de cette diabolisation de la cryptographie, plus terre-à-terre et plus spirituelle à la fois, tient peut-être en la personnalité du journaliste en question. Jack Kelley est un ancien correspondant de guerre, baroudeur au long cours devenu chef du service des affaires étrangères au quotidien USA Today. Membre d'une congrégation évangélique et charismatique, il croit en les vertus "spasmodiques" de l'Esprit Saint et mêle intimement protestantisme et journalisme, comme en témoigne ses propos, issus d'une étude universitaire portant sur l'objectivité des journalistes religieux : "Je ne peux séparer ma foi de ma profession. Je pense que c'est un don, les histoires tombent comme ça sur mes genoux quand je suis en phase avec Dieu. C'est probablement parce que Dieu sait que je suis trop bête pour sortir et les trouver par moi-même. C'est tout bonnement incroyable." Pas plus en tout cas que de raconter que des crypto-terroristes, musulmans et intégristes, s'échangeraient des photos pornos. Ou que de prendre pour parole d'Evangile, et recopier bêtement, le catéchisme puritain des services de renseignements américains.



Copyleft Attitude : informations copiées, collées & compilées avant d'être RE:diffusées dans un but informatif, et sans aucun objectif commercial...: faites tourner, citez vos sources, tout droit d'exploitation ©opyrightée réservé.

back to ze top


(via samizdat)

Archives :
RE:vue d'b!gb@nd
fil d'actus web
BlahBlahBlah
newsletter .txt

Ressources :
Renseignements

généraux & vie privée
BBA-France
Big Brother Awards Off
®TMark
Experts ès subversion