LSQ : sortez couvert !
ou Comment passer outre la cybersurveillance et les mesures anti-crypto de la LSQ...
MAJ 17/07/02
Le présent document -dont les mises à jour seront disponibles à l'adresse
http://www.bugbrother.com/archives/sortezcouvert.html,
est librement inspiré d'un texte, "RIP
Countermeasures", co-signé par Ian Brown, un
cryptographe anglais proche de Privacy International -tout comme votre dévoué- et Brian Gladman, ancien
"directeur des communications électroniques stratégiques" du ministère de la
Défense britannique et de l'OTAN.
Effrayés de voir le gouvernement anglais voter, l'an passé, une loi, le
Regulation of Investigatory Powers Act, officialisant la mise sous
cybersurveillance des télécommunications, ainsi que l'obligation de
déchiffrement des messages cryptés, ils avaient par ce texte cherché à rappeler
à quel point cette loi était "techniquement inepte et inefficace à combattre les
criminels, mais risquant fort d'aller à l'encontre de la vie privée, de la
sûreté et de la sécurité des honnêtes citoyens, ainsi que du business."
Il ne s'agit donc pas d'un manuel de H4x0r$ ni de pirate informatique, mais d'un texte destinés au grand
public et cherchant à recenser divers moyens de protéger sa vie privée. Il ne
s'agit bien évidemment pas d'inciter à quelque action malveillante que ce soit,
mais, à mesure que la LSQ, et les divers textes sécuritaires adoptés en Europe,
aux Etats-Unis et dans le monde entier -dans la foulée, notamment, des attentats
aux USA- s'inspirent aussi de ce RIP Act, il convient d'alerter les citoyens sur
les risques de "dommages collatéraux" que cela peut entraîner, et de les
inciter à apprendre à protéger leur vie privée, la confidentialité de leurs
télécommunications et à s'initier à la sécurité informatique.
La résistible ascension des anti-crypto
La cryptographie permet de s'assurer que seuls l'émetteur, et le
destinataire, d'un message, soient à même de pouvoir le consulter. C'est
justement ce qui fait peur aux forces de l'ordre, et aux services de
renseignements, et ce qui a incité le gouvernement à prévoir certaines mesures
censées contrer l'utilisation de la cryptographie. Mais sans même utiliser la
crypto, tout internaute est désormais placé, par défaut et par principe, sur
écoute électronique : la loi oblige en effet les FAI à conserver les traces
des communications électroniques pendant un an.
Quand on veut tuer un chien, on dit de lui qu'il a la rage : la LSQ
passe ainsi pour être une véritable machine à créer des erreurs judiciaires. A
tout le moins, elle permet de faire condamner un innocent, quelqu'un qui
chercherait benoîtement à protéger sa vie privée. La charge de la preuve est en
effet inversée : ce n'est plus aux forces de l'ordre d'arriver à prouver la
culpabilité d'un quidam, mais à celui-ci d'amener la ou les preuves de son
innocence.
Reste qu'une fois de plus, on associe la crypto au terrorisme et aux
criminels, opération de désinformation grandeur nature censée écarter le grand
public de l'utilisation de la crypto, quand bien même elle est de plus en plus
utilisée en matière de commerce et de signature électroniques, et ne peut donc
que se développer. En attendant, cela n'empêchera ni les défenseurs de la crypto
et de la protection de la vie privée, ni les criminels et terroristes, de
continuer à chiffrer leurs communications. En toute légalité. Et sans danger.
Les mesures prévues par la LSQ sont en effet toutes aussi inefficaces les unes
que les autres, à mesure que l'on prend les précautions nécessaires.
Des parades à la cybersurveillance
La LSQ prévoit de placer les internautes sous cybersurveillance en obligeant
les fournisseurs d'accès à l'internet (FAI) à conserver les données de connexion
(logs) pendant un an en vue de pouvoir les mettre à disposition des forces de
l'ordre. Pour passer outre ce genre d'écoute systématique de nos
télécommunications, et plus particulièrement de ses e-mails, il existe pourtant
tout un train de mesures rendant la LSQ inopérante.
Privilégier l'utilisation d'un webmail sécurisé "étranger" au courrier
électronique de son FAI "bien français"...
tout d'abord, plutôt que d'utiliser un prestataire de service de messagerie
électronique français, rien n'empêche d'aller se créer une adresse e-mail chez
un opérateur situé à l'étranger. De préférence, on choisira un service qui
propose la connexion par webmail sécurisé entre ses serveurs et son ordinateur
(tels que hushmail.com, ou
lokmail.net, qui ont, de
plus, le notable avantage d'offrir la possibilité de chiffrer ses messages), de
sorte que les données ne soient pas transmises "en clair", mais chiffrées (via
les protocoles SSL-TLS, que l'on reconnaît grâce au fameux 's' de
https ://, ainsi qu'au cadenas fermé qui apparaît normalement dans la barre
d'état de votre navigateur) et ne puissent donc être lisibles ni interprétables
dans les fichiers logs de son FAI.
à ce propos, on ne saurait aussi que trop conseiller de n'utiliser d'adresse
e-mail @hotmail, @yahoo, @caramail et autres @aol que pour être noyé dans la
masse, recevoir tout plein de spams et risquer de voir un jour son e-mail
piraté, détruit, revendu dans un package de "données personnelles" ou
intercepté. Par ailleurs, l'utilisation d'un webmail sécurisé (qui permet la
consultation en ligne, via un navigateur, de son courrier), plutôt que d'un
logiciel de courrier électronique (qui télécharge ledit courrier sur votre PC,
et laisse donc des traces de son passage), est fortement conseillée. Des
services comme mail2web.com permettent ainsi de consulter son courrier
électronique en ligne via une connexion chiffrée et ce, quel que soit le serveur
de messagerie utilisé.
...devenir son propre centre serveur, et
attendre la prochaine génération internet...
il est tout à fait possible, surtout lorsque l'on est sous Linux et que l'on
dispose d'une connexion permanente à haut débit, d'installer son propre serveur
de messagerie sur son ordinateur, rendant ainsi d'autant plus difficile la
traçabilité et la surveillance des communications électroniques. Les serveurs
DNS (bind) et SMTP (exim, postfix, avec chiffrement TLS) s'installent tout seuls
d'un coup de ligne de commande, permettant de se connecter et d'avoir les DNS
mis à jour en temps réel, sans passer par les serveurs DNS et SMTP/POP de son
FAI pour envoyer et recevoir des e-mails, ainsi que pour surfer sur le Net. Et
rien de tout cela n'est loggué (à moins d'être mis sur écoute). Cette option,
qui requiert quelques connaissances techniques, n'en est pas moins la meilleure,
à mesure, bien évidemment, que l'on est aussi en mesure de savoir sécuriser son
poste de travail.
il sera aussi possible, à terme, de se protéger au niveau même de sa connexion à
l'internet. Le prochain protocole internet, IPv6, permettra à deux ordinateurs
de communiquer de façon chiffrée et de sorte que l'on ne puisse connaître le
contenu des données échangées (en attendant, IP v4 reste ce qu'il est :
écoutable :-(. De même, le développement de l'accès sans fil (ou "wireless") et
décentralisé au Net permettra de se passer des FAI commerciaux, et donc de la
cybersurveillance des télécommunications (encore que les protocoles wireless ne
soient guère, en l'état, sécurisés). La loi deviendra ainsi obsolète, et ce,
même pour l'internaute lambda qui n'aura pas pris la peine de prendre ces
quelques précautions. ...en attendant, ne pas hésiter à utiliser les
alternatives à l'utilisation lambda du courrier électronique...
on peut ainsi opter pour une solution plus archaïque, furtive et ne nécessitant
aucune connaissance en matière de crypto. Les channels IRC, tout comme les
newsgroups peuvent servir aux fins de boîtes aux lettres "fantômes" permettant
de communiquer tels deux anonymes perdus dans une foule, méthode bien connue des
espions de tous bords, des amants honteux et de toute personne se donnant
rendez-vous pour un concert, une manif' ou place de la Bastille un samedi soir,
et aucunement illégale. Cela dit, l'IRC est super loggué, tout comme les forums,
archivés par GoogleGroups
(ex- DejaNews), permettant à tout quiam de savoir ce que tel ou tel autre a bien
pu dire (à moins df'avoir appris à se protéger, cf la [FAQ] Protection de la vie privée, abus et usurpations
d'identité).
les messageries instantanées de type ICQ sont, quant à elles, généralement tout
sauf sécurisées. Mais il existe des logiciels de communication point à point
(P2P) permettant de communiquer en "direct live" et chiffrant les messages
échangés, tels que atrans, Gnuzza (CryptChat) ou PGPnet, sans oublier l'IRC sécurisé, tel que SILC (Secure Internet Live
Conferencing), ainsi que les VPN (Virtual Private Network), tous
relativement simples d'utilisation et rendant inefficace toute forme
d'interception, mais qui nécessitent de réunir en temps réel les correspondants.
la stéganographie est l'art de cacher des données au sein
d'autres données, ce qui permet d'échanger des fichiers "anodins" masquant la
présence, en leur sein, d'autres fichiers pouvant par ailleurs être chiffrés. Au
vu du nombre d'internautes s'échangeant quotidiennement blagues et documents
sous forme de fichiers images et sons, il est peu probable que l'on remarque que
le votre a été stéganographié. S'il n'échappera pas à la conservation des
données de connexion, il permettra néanmoins de masquer le fait que vous
échangez un fichier chiffré. La majeure partie des logiciels sont disponibles
sur StegoArchive. La
stéganographie n'est pas, pour autant, une solution on ne peut plus sécurisée,
et peut même s'avérer très dangereuse car très facile à détecter. Les
cryptographes spécialisés en stégano estiment même qu'elle est quasi impossible
en pratique, car elle n'est pas *totalement* indétectable. Rien n'empêche, cela
dit, de crypter le message avant que de le stéganographier...
Cela dit, la conservation des logs par les FAI ne prévoit pas, a priori
(ce serait illégal), de garder trace du contenu des messages, mais seulement de
qui a écrit à qui, et quand. Aussi reste-t'il tout à fait possible d'échanger
des e-mails chiffrés en toute légalité, et sans guère de risque de les voir
intercepter -sauf à être mis sur écoute ou à vouloir communiquer depuis son lieu
de travail, mais c'est une autre histoire, que les cybercafés et autres lieux
d'accès public à l'internet, ainsi que les méthodes ici présentées, devraient
permettre de contre-carrer (encore que les cybercafés ont appris à installer
tout un tas de mouchards divers et variés à même d'assurer votre traçabilité).
Du bon usage de la crypto
Une chose est de se protéger de la cybersurveillance à même le réseau, une
autre est de sécuriser son ordinateur de sorte que même si quelqu'un venait à y
accéder, et cherchait à l'étudier, il ne puisse parvenir à décrypter les
messages chiffrés qu'il pourrait contenir. Le vol d'ordinateur, ou l'intrusion
(à distance via un cheval de Troie, ou sur le lieu même) sont en effet des
"sports" de plus en plus pratiqués.. sous Windows, car sous Linux, c'est déjà
plus dur : peu de "méchants" y sont préparés et formés. D'autre part, la loi
prévoit la possibilité de mandater un expert, voire des moyens militaires
couverts par le secret défense, afin de chercher à mettre au clair des données
chiffrées.
Sauf que bien utilisée, la cryptographie forte (dont l'utilisation est légale
en France) est incassable. Aussi, le législateur a-t'il décidé de punir "de
trois ans d'emprisonnement et de 45 000 Euro d'amende le fait, pour quiconque
ayant connaissance de la convention secrète de déchiffrement d'un moyen de
cryptologie susceptible d'avoir été utilisé pour préparer, faciliter ou
commettre un crime ou un délit, de refuser de remettre ladite convention aux
autorités judiciaires ou de la mettre en oeuvre".
Mais quid de ceux qui ont oublié le mot de passe, cas d'école loin d'être
improbable à mesure que nombre d'utilisateurs de crypto ne le font
qu'occasionnellement, et que les enquêtes mettent souvent des années avant que
d'aboutir ? Comment peut-on prouver que l'on a oublié, ou perdu, la clef
permettant de déchiffrer des données ? La loi introduit ainsi un régime
d'exception, celui de la présomption de culpabilité. Autant dire que tout
utilisateur de crypto est dorénavant un "présumé coupable" qui s'ignore, et
qu'il convient donc de se prémunir de tout risque de "dommage collatéral" en la
matière. Ce qui est loin d'être impossible, en toute légalité.
Information=pouvoir : n'écoutez pas le FUD, lisez
les manuels... Avant même que d'envisager les différentes méthodes
permettant d'éviter ce genre de dangers, encore faut-il avoir compris de quoi il
est question. Les services de renseignements, les marchands comme les
représentants des forces de l'ordre et des gouvernements ont tous de bonnes
raisons de pratiquer la désinformation dès qu'il est question de cryptographie.
Jusqu'au début des années 90, la cryptographie était essentiellement d'ordre
militaire, ou relevait de l'espionnage. A mesure qu'elle s'est développée, en
partie pour protéger les dissidents, et militants, mais aussi pour développer le
commerce électronique, une "Sainte Alliance" s'est mise en place entre les
sus-cités, afin de détourner les utilisateur lambda des outils de crypto réputés
sûrs, au profit de solutions, souvent bien moins sécurisées, mais contrôlées par
des marchands de sécurité, ou des gouvernements. On estime ainsi que 90% des
logiciels de sécurité informatique ne seraient pas dignes de foi...
L'utilisation de la cryptographie à clefs publiques (la plus couramment
utilisée) repose sur la création d'une paire de clef : une clef publique,
que l'on rend accessible à son ou ses correspondants (pour qu'il puisse vous
écrire), et une clef privée, protégée par un mot de passe et que l'on doit
précieusement conserver à l'abri de tout regard indiscret (pour que vous
puissiez déchiffrer les données cryptées qui vous sont envoyées). En d'autres
termes (simplifiés), la clef publique est comme un coffre-fort que l'on laisse
ouvert de sorte qu'un tiers puisse y mettre des données, avant que d'en claquer
la porte. Seul le détenteur de la clef privée peut ouvrir ledit coffre-fort, une
fois fermé.
Bien assimiler le processus de création, de conservation, de signature (afin
de s'assurer de l'identité de ses correspondants) et d'utilisation des clefs est
le B.A-BA de la protection de sa vie privée. Autrement dit : ne vous
contentez pas, par exemple, de ne chiffrer vos e-mails que lorsque vous avez
vraiment quelque chose à cacher -ce qui reviendrait à tirer la sonnette
d'alarme, en tout cas si vous êtes surveillé-, alors qu'a contrario, une
utilisation régulière permet de bien en assimiler le processus (de ne pas
oublier le mot de passe, aussi), et ne peut qu'inciter vos correspondants à se
metter eux aussi à la crypto. Par ailleurs, n'hésitez pas -mais vraiment pas- à
lire les manuels... (et pour bien commencer, allez sur OpenPGP en français).
...ne pas faire confiance aux "tiers de confiance"...
l'obligation de déchiffrer des données chiffrées s'applique à l'utilisateur
d'outils de cryptographie, mais aussi aux "prestataires de service" en la
matière. A mesure que les enjeux liés à la protection de la vie privée, à la
sécurité informatique, au commerce et à la signature électroniques ou encore à
la lutte contre l'espionnage industriel, incitent de plus en plus de gens à se
mettre à la crypto, de plus en plus de prestataires de services cryptographiques
(privés et publics) investissent le marché. Ceux-ci ne se risqueront jamais à
défier la loi au nom du respect de leurs clients. De plus, ce genre de
prestataires de service utilise généralement des solutions logicielles
"propriétaires" (dont il est impossible de vérifier l'intégrité, et dont
certains se sont révélés dotés de "portes dérobées", cf Huile
de serpent : logiciels de chiffrement à éviter, qui sont *a priori*
moins fiables que les logiciels libres (dont on peut vérifier le code source, et
donc l'intégrité).
ça tombe bien : les meilleurs, et les plus populaires des logiciels de
cryptographie et de sécurité informatique sont "libres", et généralement
gratuits, tels GnuPG (ou GPG), qui remplace dorénavant PGP en matière de
chiffrement des e-mails. On ne compte plus le nombre d'illuminés et de
géotrouvetout qui avancent avoir trouvé LA solution cryptographique
infaillible... mais qui ne publient pas le code source, espérant se faire du blé
de leur invention généralement à 2 balles, ou qui cherchent tout simplement à
piéger -commercialement et/ou policièrement s'entend- leurs "clients". Pour une
présentation des logiciels réputés "sûrs", ainsi que pour apprendre à bien se
servir de GPG (ou PGP), voir OpenPGP en Français.
...privilégier les logiciels libres aux solutions propriétaires...
le choix de son architecture informatique est également fondamental en matière
de sécurité informatique et de protection de la vie privée. De même qu'on
privilégiera toujours un logiciel libre à un logiciel propriétaire, on ne
saurait que trop conseiller de migrer sous Linux plutôt que de rester sous
Windows, ou Mac (encore que ce dernier soit moins truffé de failles que ne le
sont les produits estampillés Microsoft). L'installation d'une
Mandrake 8.2, par
exemple, est encore plus simple (et combien moins onéreuse) que celle de Windows
XP, et comporte l'insigne avantage, tout comme Suse-Linux, d'avoir un noyau qui supporte le chiffrement du
système de fichier (voir, à ce sujet : http://www.openpgp.fr.st/linux.htm), vous permettant ce
créer un coffre-fort électronique en 2-3 coups de lignes de commande.
L'interface graphique de Linux s'est par ailleurs considérablement améliorée,
KDE n'ayant ainsi rien à envier aux bureaux de Windows & Mac, dont on retrouve
la majeure partie des fonctionnalités (et même plus) sous Linux. Migrer sous un
OS -"système d'exploitation" (sic)- "libre" est par ailleurs un geste, et un
choix, politique : celui de ne pas dépendre d'un OS "propriétaire", qui
plus est moins sécurisé, et plus facilement piratable.
si vous êtes particulièrement exposés (ce qui est le cas des ONG, syndicats,
collectifs et organisations politiques, ainsi que de de leurs militants,
notamment "anti-mondialisation"), il est *impératif* d'utiliser un UNIX libre,
de préférence OpenBSD, l'un des OS les plus sécurisés qui soient (à condition
de ne pas avoir de Windoze en Workstation...). Depuis juin 2001, OpenBSD
contient l'interface graphique KDE 2" et même bientôt KDE 3 (qui n'a rien ou
presque à envier à l'interface de Windows, pas plus qu'à celle de Mac). Seule
l'installation d'OpenBSD est difficile (voire très difficile ;-) mais les
openbsdéiens français et internationaux ne demandent qu'à vous aider... De même
que les linuxiens (cf http://www.geocities.com/openpgp/linux.htm), pour ceux qui
se contenteraient d'une Mandrake, d'une RedHat ou d'une Suse (bien que payante
et non 100% GPL), les plus simples à installer, sans parler de la Debian
(qui plait tout particulièrement aux hackers) et des diverses BSD. Par ailleurs,
les utilisateurs de Mac, contrairement à la légende, peuvent aussi migrer sous
Linux. On ne saurait en tout cas que trop conseiller de ne pas migrer sous
Windows XP. Jamais.
...prendre soin de bien faire le ménage, et de bien ranger ses affaires...
c'est une évidence qui semble avoir échapper aux législateurs, mais un message
qui n'existe plus ne peut être déchiffré. Ainsi, a priori, quelqu'un qui se
servirait de la crypto pour fomenter quelque chose de répréhensible aura
probablement le réflexe d'effacer toute trace de telles communications. Encore
faudrait-il qu'il les efface définitivement, ce qui n'est pas le cas s'il se
contente de les "jeter à la corbeille". De même que nombre d'enterprises
utilisent des broyeurs pour détruire leurs documents papiers, il existe
plusieurs logiciels d'écrasement sécurisé des données à même de s'en assurer,
tel qu'Eraser ou
Wipe, qui réécrivent
plusieurs fois de suite des données aléatoires en lieu et place des fichiers que
vous voudriez effacer (à titre d'exemple, le CELAR -Centre
d'électronique de l'armement- serait capable de récupérer des données réécrites
7 fois de suite...).
ainsi, on ne saurait que trop conseiller aux utilisateurs lambda de crypto,
soit d'effacer les messages chiffrés qu'ils pourraient avoir dans leurs
ordinateurs, soit de ne conserver que leurs versions décryptées (si tant est
qu'elles ne représentent aucun risque pour qui que ce soit), soit de les masquer
avec un programme de stéganographie (bien que ceux-ci puissent aussi être
détectables, voire déchiffrables, cf OutGuess qui, outre d'offrir l'un des outils de
stéganographie les plus sûrs qui soient, propose aussi un détecteur de fichiers
stéganographiés), soit de les stocker sur un support amovible (disquette, disque
dur, CDRW, etc.) que, idéalement, l'on prendra soin de chiffrer (il existe
plusieurs logiciels de chiffrement de disques durs et de partitions) et de
conserver en-dehors de son logis, ou encore sur un serveur ftp, ou site
internet, situé dans la mesure du possible à l'étranger (il existe de nombreux
sites de stockage, sans même parler des hébergeurs gratuits).
le chiffrement de tout ou partie de son disque dur, que permettent très
facilement des logiciels comme Scramdisk, E4M ou SFS (cf OpenPGP en Français est
une arme à double tranchant. A priori, la création d'un coffre-fort électronique
est non seulement une mesure basique en matière de sécurité informatique, mais
aussi une nécessité, reconnue par ailleurs par l'état, quand bien même celui-ci
n'a pas encore tout saisi des subtilités de la protection de la vie privée. Cela dit, à mesure qu'il s'agit
de données "chiffrées", on peut vous demander de les déchiffrer. Scramdisk, par
exemple, permet de les masquer, à la manière de la stéganographie, sous forme
d'un fichier anodin (attention, cela dit : tout comme ZoneAlarm, Scramdisk est
une cible connue de certains trojans). Le chiffrement de tout ou partie d'un
disque dur ne peut donc se concevoir réellement que dans le cadre d'une
politique globale de sécurité (voir infra. l'analogie proposée par Brown et
Gladman avec la sécurisation d'un chateau fort).
...une chose est de se protéger, une autre est de protéger ses correspondants...
quand bien même cela est pratique, on prendra soin d'éviter de chiffrer les
messages que l'on envoie à ses correspondants de sorte que l'on puisse soi-même
les déchiffrer. Sous peine de piéger, à son insu, celui à qui l'on a
écrit : la police n'aura qu'à exiger votre clef privée, même si, et surtout
si, vous n'êtes pas accusé (la jurisprudence, tout comme les traités
internationaux, interdisent en effet l'"auto-incrimination"), pour déchiffrer
les messages chiffrés pour le destinataire visé, en réalité par l'enquête.
L'obligation de "remettre au clair des données" peut en effet leur être dictée,
ce qui n'est pas moins rassurant. De même, vous pouvez être amené à déchiffrer
un message qui vous a été envoyé. C'est un effet pervers regrettable de la
cryptographie à clef publique : vous chiffrez avec la clef publique du
destinataire. Nombre d'utilisateurs de crypto ont ainsi pris l'habitude de
chiffrer leurs messages non seulement à l'intention de leur correspondant, mais
aussi avec leur propre clef, afin qu'ils puissent eux-même, par la suite, les
déchiffrer au besoin. Vous pourriez ainsi être contraint de devoir déchiffrer un
message envoyé à quelqu'un faisant l'objet d'une procédure judiciaire, et perdre
ainsi l'usage de vos clefs, sans parler de ce que vous pourriez causer d'ennuis
à votre correspondant, voire à vous-même. On considère en effet qu'un
déchiffrement policier (ou pirate) invalide d'office la clef qui a du être
révélée, à mesure qu'elle a été compromise.
changer régulièrement de clef permet de pallier, en partie, au risque de
l'obligation de déchiffrement. Il est en effet possible de donner une date
d'expiration à sa clef (ce qui est vivement conseillé : 2 ou 3 ans est une bonne
durée), et une clef périmée ne peut plus servir à déchiffrer les messages qui
ont été chiffrées pour elle. De même, il est possible de "révoquer" sa clef, si
l'on estime être en danger de devoir la révéler.
l'utilisation de clefs à usage unique peut aussi y remédier. Il est en effet
tout à fait possible d'envoyer à son correspondant un e-mail chiffré comprenant
le message à protéger, ainsi qu'une nouvelle clef publique. Ce dernier n'aura
qu'à répondre, et rajouter lui aussi une nouvelle clef publique, qui vous
servira à répondre. Vous n'aurez plus qu'à révoquer, sinon détruire, la première
clef, et répondre avec vos nouvelles clefs. Ainsi de suite. C'est un peu lourd à
gérer, mais vous ne risquez plus de devoir être confronté à l'obligation de
devoir déchiffrer un message, ou de voir votre correspondant le faire à votre
place...
le pseudonymat "en chaîne" permet enfin, a priori, de se protéger de toute
dénonciation forcée (cybercafé + serveur proxy + webmail situé à l'étranger, par
exemple), de même que l'utilisation de remailers anonymes permet d'émettre un
message (chiffré ou non) sans pour autant permettre de remonter jusqu'à la
source du message (mais sans possibilité de répondre, aussi). Cela dit, et on
n'aura de cesse de le répéter : l'anonymat sur l'internet n'existe
pas.
...du bon usage de la signature électronique...
En matière de cryptographie, l'obligation de déchiffrement représente un
risque majeur en terme de vie privée et de sécurité informatique. La confiance
que l'on peut en effet porter à la crypto réside en effet dans la certitude que
l'on a de l'identité de son correspondant. Or, une des premières causes de
cybercriminalité est l'"usurpation d'identité" ("identity theft" en anglais), la
possibilité offerte à quelqu'un d'autre de se faire passer pour vous, avec tout
ce que cela comporte de risque divers et variés.
Il se trouve que la cryptographie, loin d'être une arme de type militaire, ou de servir soi-disant avant tout
aux cyber-terroristes-criminels-pédonazis,
est la condition sine qua non de la mise en place de la signature électronique,
appelée de ses voeux par le gouvernement français, à l'instar de la majeure partie
des instances de régulation de la société de l'information. Autrement dit, seule
l'utilisation de la cryptographie est à même de pouvoir authentifier l'intégrité
du message (et donc de vérifier qu'il n'a point été modifié), et certifier votre
identité (si tant est que vous soyez sûr de l'identité du porteur de la clef).
D'aucuns ont par ailleurs fait le choix de se doter de pseudonymes pour
mener à bien certaines activités sur l'internet. Parce qu'ils ne veulent pas
forcément voir les traces de leurs activité "virtuelles" se retourner contre
eux, ce qui est le cas de nombre de défenseurs des droits de l'homme, ou
militants politiques, particulièrement exposés à la cybersurveillance, privée ou
étatique. Que vous signiez sous pseudo, ou bien de votre vrai nom, l'usurpation
de votre identité -ou de celle de vos correspondants- pourraient entraîner des
conséquences fort dommageables : le fait de signer vos e-mails (option
fournie par PGP, et GPG) permettra à vos correspondants d'y remédier.
...de l'art de rester informé.
Une loi ne viendra jamais à bout des mathématiques, et la cryptographie
relève de l'informatique, et les cryptographes n'ont de cesse d'inventer des
systèmes permettant de déjouer tous les types d'attaques possible : il en
va de la sécurité informatique (donc du commerce électronique tout comme de la
signature électronique, et donc de nos rapports avec l'administration), ainsi
que des droits de l'homme. Certains protocoles, ou processus, permettent ainsi
de se protéger encore plus avant.
Ainsi de Freenet, ou
de Publius, qui
garantissent l'anonymat, ou encore de m-o-o-t, Tin Foil Hat Linux ou de Rubberhose, créés tout
spécialement pour déjouer l'obligation de déchiffrement... Et plus ça va, plus
il y aura d'alternatives de la sorte.
Suivre l'actualité de la cryptographie et de la sécurité informatique est
d'autant plus important qu'une faille de sécurité peut compromettre votre vie
privée. Il est ainsi fondamental d'appliquer les "patchs" et mises à jour
résolvant les failles de sécurité, de même qu'on ne peut faire l'économie de
savoir quels sont les nouveaux logiciels à utiliser. On estime ainsi que, après
des années de bons et loyaux services, il convient aujourd'hui de ne plus
utiliser PGP (en tout cas pas les versions postérieures à la 6.5.8 -voire la
6.0.2i, qui comprend PGPdisk), et d'y préférer GnuPG (GPG, la version "libre" de
PGP).
La sécurité est un droit fondamental
Bruce Schneier, l'une des personnalités les plus respectées des milieux de la
sécurité informatique, n'a de cesse de le répéter : la sécurité est avant
tout un processus, c'est-à-dire une façon de se comporter, des réflexes, une
culture... Contrairement aux publicités des marchands de sécurité, aucune
solution n'est fiable à 100% : rien ne sert, par exemple, d'installer une
porte blindée si on laisse la fenêtre ouverte. Ainsi, l'utilisation d'un
logiciel de cryptographie ne sert à rien si elle repose sur une mauvaise gestion
du mot de passe (pas assez long, facilement devinable, mal choisi, inscrit sur
un bout de papier "caché" sous le clavier, etc. -voir Hygiène du mot de passe)... ou si l'on s'en tient à un OS
comme Windows. Et si la cryptographie est relativement simple d'utilisation, il
existe de nombreux moyens de la prendre en défaut.
Ainsi, aux Etats-Unis, le FBI a-t'il visité l'appartement d'un
mafieux afin de lui voler sa clef privée, et d'installer un keylogger
(enregistreur des touches tapées au clavier) sur son ordinateur, afin de
récupérer son mot de passe, et donc de pouvoir mettre au clair ses messages
chiffrés avec PGP. Dans le cadre des mesures sécuritaires adoptées suite aux
attentats, les services secrets américains ont également décidé de développer
une "lanterne magique", cheval de troie permettant d'obtenir le même résultat,
mais à distance, et sans avoir besoin d'accéder physiquement à l'ordinateur de
la personne surveillée. Certains éditeurs d'antivirus ont même avancé qu'ils ne
détecteraient volontairement pas ce cheval de Troie... Enfin, toute opération
informatique laissant des traces, il est possible, pourvu de s'en donner les
moyens, de retrouver un mot de passe, ou encore le contenu d'un message que l'on
a par la suite chiffré, dans les fichiers d'échange (swap) d'un ordinateur (A
noter que la Mandrake 8.2 permet le chiffrement du swap, cf http://www.openpgp.fr.st/linux.htm).
Autant dire que l'utilisation de la cryptographie ne peut faire l'économie
d'une bonne politique de sécurité informatique : utilisation d'un firewall
(surtout lorsque l'on dispose d'une connexion à haut débit), d'un anti-virus
voire d'anti-troyens... Comme le rappelle le Service Central de la sécurité des Systèmes d'Information,
"il convient donc, après avoir défini les rôles et les responsabilités des
acteurs, fait l'inventaire des informations sensibles, après avoir choisi et
pris les mesures de protection, mis en place des procédures de traitement des
incidents, d'identifier les situations à risques pour mieux savoir les prévenir
et les gérer".
Ian Brown et Brian Gladman expliquent ainsi que le "concept-clef" d'une bonne
sécurité informatique repose sur une défense "en profondeur" de son architecture
informationnelle au moyen de la création de plusieurs niveaux de sécurité. Les
châteaux-forts médiévaux sont une bonne analogie en la matière :
construits en haut d'une colline pour réduire la possibilité d'attaques par
surprise,
entourés d'une douve profonde,
protégés par une enceinte extérieure fortifiée (et qui n'est pas accolée bord à bord à la douve),
munis d'un ou plusieurs donjons de sorte que, si un attaquant parvient tout de même à
franchir les précédentes défense, il soit confronté à de nouveaux obstacles,
tous différents tant dans leur process de sécurité que dans la ou les options
que l'attaquant devra choisir pour les franchir.
Comme le rappelle l'article 1er de la LSQ : "La sécurité est un droit
fondamental. Elle est une condition de l'exercice des libertés et de la
réduction des inégalités." Dixit.
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