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Une manifestation des instituteurs nantais entièrement séquestrée par la police
Dixit : HNS.

Ce qui s’est passé aujourd’hui vendredi 8 mars est extrêmement grave et probablement sans précédent pour les libertés publiques.

Une délégation d’instituteurs en lutte pour des créations de postes d’enseignants, et de parents d’élèves, venant de Nantes, composée d’environ 140 personnes (trois autocars) devait être reçue au ministère de l’Education nationale, puis aller ensuite manifester pacifiquement au siège du Q.G.- " l’atelier " du premier ministre-candidat à l’élection présidentielle.

Or, en fin de matinée, les trois autocars ont été pris en charge dès l’autoroute de l’Ouest par des agents des forces de l’ordre en motocyclettes, certains en civils. Après avoir ordonné par geste que les trois autocars mettent leurs " warnings ", ils ont obligé le convoi à suivre un itinéraire précis à travers Paris, traversant les carrefours au feu rouge, sous la surveillance d’un nombre appréciable d’autres forces de l’ordre postées sur l’itinéraire.

Un peu plus tard, le convoi ainsi kidnappé était arrêté à proximité du siège du ministère de l’Education nationale, dans la section de la rue de Grenelle située précisément (sauf erreur de notre part) entre la rue du Bac et la rue Saint-Simon.

Un côté de cette section très limitée de la rue de Grenelle était barré par un rideau de gardes mobiles.

Dès que le cortège des manifestants fut conduit dans cette section de rue, un autre rideau de gardes mobiles s’est déployé à l’arrière, pour interdire toute sortie en direction du boulevard Raspail.

Tous les manifestants ont donc été pris dans une souricière (à l’exception de la délégation syndicale qui a été autorisée à être reçue au ministère, d’ailleurs sans résultats).

Les 140 citoyens présents ont été ainsi séquestrés en plein Paris, sans aucune information, durant tout l’après-midi, jusqu’au moment où, le soir venu, leurs autocars ont été rapprochés sur place, pour les ramener à Nantes, toujours sous bonne escorte jusqu’à la sortie de Paris.

1. 140 citoyens privés de liberté durant environ quatre heures, sans mandat judiciaire, avec par instant des difficultés pour boire, se nourrir ou aller aux toilettes, ne disposant que de leurs téléphones mobiles pour alerter le service juridique de la Ligue des Droits de l’Homme.

2. C’est une situation qu’aucune menace de trouble à l’ordre public ne justifiait (le cortège étant composé d’enseignant(e)s du primaire, et de parents, tous particulièrement pacifiques et bon-enfant).

3. C’est une situation d’enfermement potentiellement dangereuse pour la sécurité des personnes, y compris en cas de panique, de besoin sorties de secours en urgence, de problème sanitaire.

4. C’est une situation qui aurait été criminogène si l’un des manifestants s’était énervé. S’agissait-il d’une provocation insidieuse à la violence ?

5. C’est une voie de fait. Depuis quand est-il interdit en France à un individu de quitter librement une manifestation, et de circuler librement à sa guise ?

6. C’est enfin une atteinte à la liberté de manifester : le cortège nantais n’a pas pu se rendre en masse au Q.G. de campagne du candidat Premier ministre à l’élection présidentielle, comme il avait été prévu en assemblée générale à Nantes.

Est-ce un nouvel exemple de répression du mouvement social, au moment où il fait l’objet de tentatives inédites de criminalisation (comme les procès OGM et de Millau) ?

Nous demandons :

- aux syndicats,
- aux organisations de défense des droits de l’homme,
- et à la presse

d’ouvrir une enquête auprès de la Préfecture de Police de Paris pour savoir ce qui s’est vraiment passé vendredi 8 mars.

Selon une riveraine du site, un tel enfermement n’a jamais eu lieu, et en tous cas pas depuis au moins 1968 : séquestrer une manifestation entière, et ce durant une demi-journée…

Luc Douillard - Nantes, 8-9 mars 2002