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Journaliste protège-toi !
Dixit : Comptant parmi le noyau hexagonal de militants connectés qui s’opposent tant qu’il le peuvent à la loi sur la sécurité quotidienne (LSQ), Bug Brother est aussi un journaliste spécialiste de sécurité informatique (Nova, ZDNet.fr, Transfert...). Un confrère qui sait de quoi il parle...

Newsmachine.info - Journaliste protège-toi !


Journaliste protège-toi !
Date: Samedi, février 16 @ 17:33:16 CET
Sujet: Outils de tous les jours


C'est Bug Brother qui te le dit : en ces temps de technologies incertaines, journaliste d'investigation doit se prémunir des espions... Ce journaliste "hacktiviste" va même bien au-delà, prônant l'information et la responsabilisation de chaque citoyen. Comptant parmi le noyau hexagonal de militants connectés qui s'opposent tant qu'il le peuvent à la loi sur la sécurité quotidienne (LSQ), Bug Brother est aussi un journaliste spécialiste de sécurité informatique (Nova, ZDNet.fr, Transfert...). Un confrère qui sait de quoi il parle...

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####### BB@BX - 13/02/2002 #######

Pourquoi est-il impératif de protéger ses données quand on est journaliste ?
"L'informatique laisse des traces, et chaque trace sur Internet est a priori enregistrée -un véritable archivage généralisé- et peut aisément être interceptée, lue, utilisée par un tiers. Un fois ces deux principes posés, il paraît logique de protéger ses données, quand bien même la sécurité informatique est un processus où rien n'est fiable à 100%. Et cette "responsabilité informatique" ne vaut pas que pour les journalistes d'ailleurs, d'autres professions, comme les avocats par exemple, sont aussi tenus au devoir de confidentialité.

Ce n'est pas seulement pour éviter le risque de l'employeur qui surveille votre courrier. La protection de ses sources en dépend, ainsi que celles des infos "#off". Tout est évidemment fonction des risques que tu prends... Personnellement, en travaillant sur des sujets touchant à la sécurité informatique, aux "pirates" informatiques, aux services de renseignements, je suis obligé de protéger mes données, d'utiliser la cryptographie, de disposer d'une partition cryptée, de faire attention aux traces que je laisse...


L'année dernière, 5 journalistes ont été arrêtés, notamment par la Division nationale antiterroriste (DNAT), et leurs ordinateurs saisis. Et, plus que les personnes, ce sont les ordinateurs qui peuvent "parler". Une journaliste du Canard Enchaîné, qui enquêtait sur la DRM, s'est aussi fait voler son ordinateur, au sein même de sa rédaction, ce qui arrive à de plus en plus de personnes exerçant des métiers "sensibles". Tout le monde devrait donc utiliser la cryptographie, et a fortiori les journalistes. Pour protéger ses sources et pour donner l'exemple, aussi : si les journalistes ne le font pas, qui le fera ?".


Pas un peu parano le Bug Brother ?

"On assiste, depuis des années, à une diabolisation de la cryptographie, sans raison valable : ce n'est pas moi qui suis parano, ceux sont ceux qui tentent de dissuader les citoyens de s'en servir. En faisant l'analogie avec le courrier postal classique, ne pas crypter ses mails correspond en gros à ne poster que des cartes postales, que tout à chacun peut lire. Est-ce parano que de mettre son message dans une enveloppe et de fermer cette dernière ? Tout le monde le fait en tout cas, sans être parano pour autant !".

Quelle est la situation actuelle chez les journalistes ?
"Déplorable ! Déjà que la majorité des journalistes dits "Internet" (soit parce qu'ils ont choisi cela comme spécialité, soit parce qu'ils travaillent sur ce media) ne connaissent pas l'outil informatique et sont bourrés d'idées préconçues... Les autres, c'est même pas la peine d'en parler. Alors que je le répète, il s'agit vraiment de la responsabilité du journaliste".

Et à propos de la responsabilité qui incombe aux éditeurs de protéger les données nominatives qu'ils collectent ? (1) Ou celle des journalistes par rapport aux contenu de leurs e-carnets d'adresses convoités par des tiers ? (2)
"La protection des données personnelles relève, à mon sens, de la responsabilité de l'internaute. C'est à chacun d'avoir conscience de ce qu'il donne et de ce qui en est fait : on ne peut pas se contenter d'attendre que le site que l'on visite, ou que les prestataires de services par lesquels on passe, protègent votre vie privée. D'autant qu'ils sont tenus, techniquement et légalement, de garder des traces de ce que vous faites.
Cela devrait aussi relever de la responsabilité de l'Etat. Et à ce titre, on ne peut que déplorer les projets liés au coffre-fort électronique, qui prévoit de centraliser sur un serveur dit sécurisé, les données personnelles des citoyens. Ces derniers perdraient ainsi le contrôle de la protection des données nominatives les concernant. Il est urgent de penser autrement et de créer ce "coffre-fort électronique" sur les ordinateurs de chaque citoyen, en cryptant une partition de son disque dur. La dispersion des données est une très bonne protection.
J'en profite pour dire qu'il faut arrêter de se leurrer : en France comme ailleurs, le respect de la vie privée est reconnu dans les textes mais guère appliqué. Echelon, Frenchelon et consorts en sont l'expression la plus visible, sans parler de tous ces "Little Brothers" domestiques et privés dont c'est le rôle, sinon le métier : la surveillance est un métier, qui rapporte de plus en plus".


Quelles sont les précautions qu'on peut aisément prendre (sans considérer le non-usage total d'Internet et de l'informatique) ?

  • "Ne révéler sa véritable identité que lorsque l'on y est obligé, éviter de l'utiliser dans l'intitulé de son adresse e-mail, et ne pas hésiter à faire des fautes d'orthographe pour effectuer une traçabilité de ceux qui vous fichent. Utiliser plusieurs comptes e-mail ".
  • "Crypter ses échanges e-mail avec GPG, la version "libre" de PGP".
  • "Installer une partition cryptée, "coffre-fort électronique", sur son disque dur pour y stocker ses données à protéger".
  • "S'informer et se tenir informé du fonctionnement et des failles des systèmes (logiciels, sites et services web...) que vous utilisez, et des évolutions législatives dans le domaine de l'Informatique et des libertés".
  • "Ecraser définitivement les données que l'on veut effacer (les jeter à la corbeile ne suffit pas), et swiper (3) régulièrement les secteurs du disque dur où ont été stockées des données sensibles".

Au-delà des aspects spécifiques liés au métier, quel est le plus gros risque de tout ça pour l'internaute ?
"Les usages divers des données personnelles, leur commerce et leur circulation menacent tout simplement le droit à la vie privée, sans lequel il n'existe pas de liberté. Aux Etats-Unis, une des premières causes de cybercriminalité est l'usurpation d'identité, facilitée à mesure que nos données personnelles se retrouvent dans un nombre grandissant de serveurs plus ou moins sécurisés. Le plus gros risque est bien celui du vol de son identité, qui peut être détournée et servir à la création de preuves par usurpation. Et apprendre à passer outre la Loi sur la sécurité quotidienne (4), qui met en place des mesures risquant fort de créer des "dommages collatéraux" : de plus, cela permet de se sensibiliser à la sécurité infotmatique et aux principes de protection de la vie privée".

Alors ? Bientôt un nouveau site ?
"Dans le cadre du Forum de l'insoumission et de la désobéisance ("Vu que vous vous permettez l'anticonstitutionnalité, nous nous permettons la désobéissance civile"), suite à la légalisation du fichier STIC (5), suite au passage de l'anticonstitutionnelle loi "LSQ", suite à la criminalisation des mouvements sociaux et syndicaux, un nouveau site (6), permettra de surveiller ceux qui nous surveillent. Le site a pour but de faire valoir les droits des citoyens face au fichage policier, en expliquant comment consulter son fichier des Renseignements généraux via la CNIL. Explication de la procédure, information, débat..."

Propos recueillis par Lns le 13/02/2002.

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