bUg <BR>Oth3r
do you really think Big Brothers are sexier ?)
Bb)
You Watch, We Watch
 

 

 

Pédophilie : mais que fait la police ? [ Big Brother ]
Auteur: Bb) [ Bug Brother ] Saturday 09 December 00

Fin novembre, la gendarmerie annonçait avoir arrêté un Belge accusé d'avoir diffusé des images pédophiles sur le Net. Le plus étonnant était que seule la "source" avait été arrêté, pas le réseau dans son entier, mais qu'un communiqué de presse avait quand même été envoyé à l'AFP. Le commandant de gendarmerie avoue lui-même à Transfert les vraies raisons de la médiatisation : "Dire qu’il s’agit d’un réseau organisé est, pour l’instant, faux puisque nous n’en savons rien". Alors pourquoi médiatiser l'affaire ? Parce que le ministère de la Justice cherche à mettre à jour les méthodes employables en pareil cas. Autrement dit : "Les douaniers ont obtenu le droit de monter des provocations pour piéger des pourvoyeurs de drogue : nous voudrions être autorisés à utiliser ces méthodes pour faciliter nos recherches sur Internet".

Début novembre, un juge italien faisait arrêter 831 internautes (et lançait des mandats conter 660 étrangers) qu'il avait réussi à coincer grâce à un vrai-faux site pédo (créé avec l'aide de... Microsoft). Le Conseil supérieur de la magistrature ouvrait lui aussi une enquête, mais à l'encontre du magistrat : on lui reprochait d'avoir mis sur pied le site espion et d'avoir de facto «provoqué des délits»... Ce qui est illégal.

Ce genre de pratiques est monnaie courante au FBI. Il ne se passe pas une semaine, ou presque, sans que l'on apprenne qu'un gogo s'est fait chopper de la sorte. Les agents passent parfois des mois à tenter les pervers pépères sur des chatrooms et, pour certains, ne font que ça de leurs journées. Au final, ils prennent rendez-vous, et le présumé pédo, attiré par la pseudo lolita, finit au trou. L'affaire la plus médiatisée toucha l'un des inventeurs du langage java (qui était enter temps passé chez... Disney). Au bout de 9 mois de chat, il acceptait finalement le rendez-vous. Au tribunal, il contesta la méthode, arguant qu'il fantasmait effectivement sur les lolitas mais qu'il ne serait jamais passé à l'acte. Il s'en est sorti en passant un deal avec le FBI : il doit développer pour eux 5 programmes anti-pédo...

Il ne se passe pasune semaine sans qu'on nous râbache les oreilles avec les "pédonazis" qui peupleraient en masse l'internet. Les pédophiles sont devenus, avec les nazis, un argument massue pour ceux qui voudraient pouvoir fliquer, policer et surveiller le web tous azimuts. Et plus on parlera de "pédonazis", plus les forces de l'ordre auront de pouvoir sur le réseau. Et si c'est pour avoir le pouvoir de tendre des pièges aux gogos, ça ne relève plus du "maintien de l'ordre", mais du pousse au crime, de la présomption de culpabilité, sinon de l'incitation à mettre les gens en prison. Les USA, qui ont légalisé ce genre de piège, ont plus de personnes en prison que l'URSS n'en a jamais eu dans ses goulags. La marche forcée vers la "société de surveillance", qu'on appelle ça.

Le problème est moins dans le fait qu'il y ait des pédophiles sur le net que les méthodes employées pour les retrouver. Transfert interrogeait récemment Laurent Chemla, figure historique du réseau, dont les propos sur les pédos sont probablement les plus sensés qu'on ait jamais exprimés : "C’est très bien les sites pédophiles, on n’a jamais autant arrêté de pédophiles que depuis qu’il y a l’Internet : avant ils se cachaient, maintenant ils se montrent et s’expriment en public, c'est d'autant plus facile de les retrouver !" Alors pourquoi créer de vrais-faux sites ou transformer des agents du FBI en lolitas passant leurs journées à chatter ? Autrement dit, à qui profite le crime à partir du moment où l'on arrête surtout des présumés pédophiles, plutôt que ceux qui tirent les ficelles des réseaux ?

La guerre à la drogue menée aux USA depuis des années est un bon indice en la matière : on a tellement arrêter de simples consommateurs que le business des prisons, et de tout l'arsenal technologico-répressif qui permet de les arrêter, a connu une expansion sans précédent, contribuant au développement sans frein de l'industrie de la surveillance. Comme dans toute économie, ses commerçants ont besoin de voir se développer le marché. Donc de trouver de nouveaux "clients". Et comme il s'agit là de l'internet, le business surfe sur l'hystérie des "pédonazis", les forces de l'ordre aussi. Elles ont tout intérêt, afin d'obtenir plus de moyens, plus de budgets, à ce qu'il y ait tout plein de pédophiles. Quitte à créer eux-mêmes des sites "interdits", et illégaux.

Transfert - Le combat est gagné d'avance
Transfert - Images pédophiles : les gendarmes veulent jouer la provoc'

[ Commentaire? ]

 
   

 

bUg <BR>0th3r
Index, blahblah

Internet & vie privée
12 conseils de l'EFF (en VF)

Ordinateur & Sécurité
Crypto, PGP, mots de passe...

Big Brother Awards
Les nominés OFF !!!

RE:vue d'b!gb@nd
Archives de la newsletter

Blahblahblah
Archives du fil d'infos

Ecrire dans l'Bb)
Via madchat

Renseignements généraux
Administrativa, contact

Fliqués & fichés !
Textes du Bb) sur l'uZine

Statistiques
Open Source

Ze bizness 2 l'info
Banques (Brutes) de liens

Business of information
(Rough) banks of links

See also security.tao.ca's
Computer & Security

-=[ '"_M4DCH4T_"' ]=-
Code/Hacking/Underground/MagZ

 

 

Copyleft Attitude : informations copiées, collées
& compilées avant d'être RE:diffusées dans un but
informatif, et sans aucun objectif commercial...:
Faites tourner, si vous citez
l'Bb) / tout droit d'exploit-
ation ©opyrightée réservé...!