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Le droit le plus fondamental selon Ashcroft
Dixit : Critique Immuable

On a beaucoup décrié les mesures inscrites dans les nouvelles lois antiterroristes aux États-Unis ainsi que les abus auxquels elles mènent inexorablement. Il est maintenant avéré que les autorités américaines ont recours à la détention dite « préventive » de suspects qui peut aller jusqu’à la détention secrète prolongée sous prétexte de maximisation de la sécurité ; le gouvernement américain détient également des suspects étrangers sans qu’il ne daigne aviser de leurs arrestations les représentants des États d’où ils proviennent, alors que ces suspects risquent une comparution devant un tribunal militaire ; pour ceux plus chanceux dont on sait la détention, la possibilité d’un recours à un avocat est rendue difficile par toutes sortes de tracasseries et, au mieux, l’État se réserve le droit d’écouter les conversations entre détenus et avocats.

On sait également que le gouvernement américain a décrété l’obligation pour les libraires de dévoiler sur demande les listes de clients ayant acheté certaines publications. Pour combattre efficacement les terroristes, il faut donc restreindre certaines libertés, certains droits, rendus « excessifs » par les temps qui courent. Et quiconque éprouve des réticences à cet effritement des droits est taxé de vouloir aider les terroristes par M. Ashcroft.

Il est un droit cependant, si fondamental qu’il ne saurait être brimé même en temps de « crise », un droit si indiscutable que même les talibans (et toutes les factions afghanes anti-talibans) sont en accord sur ce point avec les Américains. Ce droit, c’est celui d’acheter une arme, d’en posséder une avec l’assurance tranquille de n’apparaître sur aucun registre.

Il faut comprendre que le puissant lobby des armes américain, la National Riffle Association s’oppose à toute forme de contrôle sur l’achat des armes à feu. Cependant, depuis 1994 sous l’administration Clinton, il existe une loi - la loi Brady - exigeant que l’identité des acheteurs d’armes soit contrôlée. Dans un souci de compromis avec la puissante NRA, le gouvernement a promis que les données recueillies à l’aide du National Instant Criminal Background Check System ne seraient en aucun cas utilisées pour constituer un registre des armes à feu et de leurs propriétaires.

Au départ, ces données étaient conservées pendant 180 jours pour être ensuite détruites. Sous les pressions de la NRA, ce délai a été raccourci récemment à 90 jours. De plus, toujours afin de satisfaire le lobby des armes, on a facilité le contournement des « background checks » pour les acheteurs d’armes en faisant des « gun-shows » (c’est-à-dire des foires itinérantes d’armements) de véritables zones franches où tout achat d’arme demeure strictement privé.

Mais les faveurs du prince ne sont pas encore assez généreuses pour Ashcroft. Il est si convaincu qu’un registre national des armes pourrait constituer une violation grave du droit à la vie privée et que les « background checks » nous amènent sur la pente glissante de la constitution effective d’une telle liste, qu’il a proposé en juin dernier de réduire la période de conservation des informations de 90 jours à 24 heures !