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Les révélations de "l’espion des sciences"
Dixit : TF1.

"Ici, des aventures, vous en aurez, et de toutes sortes". C’est par ces quelques mots qu’Yves Bonnet, alors directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST), convainc le colonel Jean Guyaux d’entrer dans le monde du contre-espionnage, en 1984. Ce dernier y officie jusqu’en 1996, en tant que conseiller scientifique, héritant d’un surnom : "La baleine" ! Aujourd’hui général, Jean Guyaux raconte ses douze années "secrètes" dans un livre passionnant et plein d’humour, L’espion des sciences (1).

Parcours atypique que celui de Jean Guyaux. Militaire de carrière, de formation scientifique, il accepte de rentrer à la DST, un service civil, pour occuper un poste inédit , celui de "Monsieur sciences". Sa mission : interpréter, expliquer, vulgariser les documents scientifiques que les agents lui soumettent. "J’ai démystifié l’univers de la science et enlevé l’auréole que les fonctionnaires de la DST mettaient au- dessus des crânes, souvent chauves, des chercheurs scientifiques", écrit-il. Il participe alors à la mise à jour des arnaques scientifiques en tous genres, qui pullulent dans le milieu du renseignement.

C’est ainsi qu’à peine arrivé à la DST, le voilà "transformé en pseudo-conseiller nucléaire de l’ambassade d’Iran à Paris" pour acheter du plutonium dans un palace parisien ! Entouré d’agents de la DST déguisés en serveur, en réceptionniste ou en clients, il démasque des petits escrocs qui seront mis hors d’état de nuire... sans violence, via une pseudo fatwa de l’ayatollah Khomeiny, rédigée par la DST ! Les "Pieds Nickelés atomiques", comme les surnomme Jean Guyaux, prendront la fuite, poursuivis pendant plusieurs mois par ces fausses menaces de mise à mort !

Les manipulations entre services secrets sont également fréquentes. Dans les années 80, grâce aux informations transmises à la DST par Farewell, un indicateur soviétique, les Occidentaux "bombardent" les Soviétiques d’informations scientifiques erronées ou tronquées, avec le soutien de chercheurs et de revues réputées sérieuses. L’URSS perdra ainsi beaucoup d’argent en recherches inutiles. Ce type d’intox est répété plus tard au détriment du colonel Kadhafi, lorsque ce dernier veut posséder l’arme nucléaire.

Au début des années 90, Jean Guyaux doit faire face au piratage informatique, qui menace certains organismes et sociétés français, dont la DST. Pour combattre les hackers, sa parade consiste à... en recruter. Ces "Corsaires informatiques", simples appelés du contingent, mettront un terme aux attaques et permettront d’identifier leurs auteurs. Plus récemment, "La baleine" participe à la lutte contre le terrorisme des extrémistes islamiques. Il remarque à ce titre que le GIA algérien abrite une forte proportion de partisans issus des "sciences dures" (physique, chimie...). Les attentats du 11 septembre avaient d’ailleurs été "scénarisés" depuis longtemps par les services secrets occidentaux. Autre scénario de crise auquel se sont préparées les autorités françaises : "Il existe trois endroits à Paris, qui, si on en écroule les voûtes, rendent impossibles l’évacuation des eaux usées. Et si on n’évacue pas la merde, une ville devient invivable", confie à tf1.fr Jean Guyaux avec malice. Une anecdote à l’image de son livre.

(1) Général Jean Guyaux : L’espion des sciences, éditions Flammarion, 348 pages, 20 euros.