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De l’anthrax à perlimpimpin
Dixit : La Lettre du Syndicat des Avocats de France - mars 2002 - p. 10 via sosdroit.org.

" This is not a canular it’s just our justice "

Stéphane S., 33 ans, habitant la rue de la Traversette dans un petit village près de Béziers, décide au mois d’octobre 2001 d’arrêter de fumer.

Suivant les campagnes de sensibilisation diffusées sur France Inter, il téléphone tous les soirs à un ami, Eric D., habitant la même rue, deux maisons plus loin, pour lui parler de sa journée sans tabac.

Le 16 octobre au soir, il avoue à Eric qu’il a craqué et acheté un paquet de cigarettes. Eric lui demande alors de déposer son paquet de cigarettes dans sa boîte à lettres.

Sur l’enveloppe dans laquelle il a placé le paquet de cigarettes, Stéphane écrit " This is not anthrax. It’s just Stephane’s drug " et dessine une tête de mort. Il glisse l’enveloppe dans la boîte à lettre de son ami ; elle y restera toute la journée.

Un habitant du village, en fin d’après-midi, passe devant cette boîte. Il voit l’enveloppe qui dépasse un peu, il se contorsionne et ne retient que le mot " anthrax ". Il prévient un employé municipal qui passait dans la rue, qui lui-même appelle le secrétaire de mairie qui prévient les gendarmes. La maréchaussée bloque les issues et fait appel à un démineur.

Stéphane rentre chez lui vers 18h30, imagine un déménagement puisque la rue est fermée, s’avance vers gendarmes et les démineurs qui examinent l’enveloppe. Constatant la méprise, il leur raconte l’aventure bien anodine.

Il est placé en garde-à-vue, passe toute la nuit au poste. Le lendemain on lui signifie qu’il va être jugé dans le cadre d’une comparution immédiate. Il est présenté au Procureur de la République de Béziers.

En effet, on retient contre lui les deux infractions suivantes :
- communication ou divulgation d’une fausse information faisant croire à un sinistre de nature à provoquer l’intervention inutile des secours ;
- violences volontaires avec préméditation n’ayant pas entraîné d’ITT sur les personnes de son ami Eric, l’habitant du village et l’employé municipal.

Il est ensuite présenté au juge des libertés et de la détention qui décide de le placer en détention jusqu’au lendemain, date de sa comparution devant le Tribunal correctionnel.

Le lendemain à l’audience, plus de la moitié du village, le Maire en tête, sont présents pour le soutenir, mais le Procureur requiert son maintien en détention en s’appuyant sur le trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public, affirmant que tout un village est en émoi, et invoquant un risque de fuite.

Le tribunal libéra Stéphane S. et renvoya son affaire à l’audience du 1er février 2002.

Qui s’étonnera de ce que ce bon Stéphane se soit remis à fumer plus intensément encore...