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Géolocalisation : le téléphone portable et l’automobile, secteurs d’avenir
Dixit : Le Monde.

La troisième génération de téléphonie mobile pourrait tirer avantage de la future mise en service du système de navigation par satellite Galileo. Souvent présentée comme le sésame de l’UMTS (Universal Mobile Telecommunications System), la géolocalisation des utilisateurs permettra le développement d’applications contextuelles, liées à l’environnement des abonnés. Ceux-ci pourront ainsi consulter sur leur mobile la carte des restaurants les plus proches, le programme des salles de cinéma ou encore subir la verve publicitaire des grandes surfaces à côté desquelles ils passent.

Les techniques actuelles de géolocalisation utilisent l’infrastructure des réseaux et sont encore largement imparfaites. "Des services de géolocalisation existent déjà pour les utilisateurs qui le désirent, avec des précisions comprises, en ville, entre 50 et 200 mètres", explique Michel Roquejoffre, directeur UMTS à Ericsson.

Pour l’heure, ces premières techniques de localisation de l’abonné reposent uniquement sur "l’identification" de l’antenne - la station - à laquelle le mobile est connecté. A l’avenir, l’arrivée de l’UMTS, poursuit M. Roquejoffre, "permettra une collaboration des stations qui, par triangulation du signal, pourra identifier plus précisément l’emplacement de l’abonné". Mais, là encore, la précision de la mesure dépend du maillage du réseau. Plus celui-ci est dense, comme en milieu urbain, plus la précision est grande. En milieu rural, cette précision est de l’ordre de la portée des stations, c’est-à-dire plusieurs centaines de mètres.

Un schéma à l’exact opposé de la localisation par satellite, dont la continuité de service est meilleure en environnement dégagé. Les précisions sont généralement comprises entre 5 et 20 mètres. Dans ce que les spécialistes nomment le "canyon urbain", où les constructions font écran aux fréquences utilisées, le signal est au contraire souvent "perdu" par le récepteur qui ne peut alors identifier avec précision sa position en temps réel. Dans une certaine mesure, l’arrivée de Galileo et de ses 27 satellites opérationnels répartis sur trois orbites différentes situées à 23 600 km d’altitude pourra pallier cette carence du GPS et fournir aux opérateurs de téléphonie mobile une solution technique de géolocalisation universelle. "Les simulations montrent que le système Galileo, couplé au GPS, permettra de conserver le signal sur environ 95 % d’un trajet en milieu urbain, contre seulement 50 % avec le seul système GPS", explique Pascal Campagne, directeur adjoint de France développement conseil (FDC), une entreprise spécialisée dans le développement de solutions techniques de localisation satellitaire.

Outre la téléphonie mobile, cette meilleure continuité du signal en ville participera à la démocratisation des systèmes de navigation pour l’automobile. "Aujourd’hui, les constructeurs compensent la perte partielle du signal grâce à des capteurs qui rétablissent la continuité de la localisation, rappelle Alain Bories, directeur du programme Galileo au groupe Thalès. C’est finalement toute cette série de cap- teurs qui coûtent le plus cher. La navigation par satellite revient à l’heure actuelle à 1 500 euros environ. Avec un système combinant GPS et Galileo, ce prix de revient pourrait être divisé par trois."

Selon M. Campagne, ce système couplé pourrait, dans le domaine de la téléphonie mobile, n’être qu’un complément aux techniques actuelles de localisation. Pour M. Bories, au contraire, la localisation permise grâce à l’infrastructure des réseaux de télécommunications pourrait tout simplement être abandonnée. "Pour mettre en œuvre des solutions de triangulation, il faut intervenir sur toutes les stations du réseau mobile et cela coûtera très cher aux opérateurs", explique-t- il.

Des raisons éthiques pourraient également conduire, selon lui, à la prééminence de la localisation satellitaire. "Lorsqu’un abonné est localisé par le réseau, l’opérateur connaît à chaque instant sa position, souligne-t-il. Alors qu’avec un système de type Galileo et GPS il n’y a pas de voie de retour automatique. En quelque sorte, seul l’utilisateur connaît sa position, libre à lui ensuite de la communiquer ou non."

Pour les nouvelles applications grand public de localisation par satellites, le succès de Galileo semble suspendu à sa compatibilité avec le GPS. Celle-ci est en principe garantie par la gamme de fréquences attribuée au projet européen lors de la dernière conférence mondiale des radiocommunications. Mais pour conserver le droit d’exploiter cette portion du spectre, l’Europe doit mettre en orbite les premiers satellites de sa constellation avant 2005. Faute de quoi elle seront perdues.

Stéphane Foucart