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Galileo : l’armée, passagère clandestine
Dixit : Libération.

Galileo cause du tracas aux militaires. « On n’a rien demandé », soupire un officier français en brandissant un document de la Commission européenne sur lequel on lit que « Galileo est un programme civil sous contrôle civil ». « La Défense n’a jamais exprimé de besoin dans ce domaine », précise-t-on à l’état-major des armées. « On a le GPS américain qui fonctionne bien et qui est totalement gratuit. » « En Europe, les états- majors savent bien qu’il n’y aura jamais d’opérations militaires sans participation ou soutien des Américains, c’est-à-dire sans le GPS... », explique Isabelle Sourdès-Verger (CNRS), spécialiste des questions spatiales à la fondation pour la Recherche stratégique. « En matière de satellites, nos priorités sont les télécommunications et l’observation, pas la navigation », ajoute l’état-major. Galileo ne figure d’ailleurs pas dans le projet de loi de programmation militaire (2003-2008). Pas plus d’ailleurs que dans les projets des autres pays européens, moins ambitieux que la France en matière spatiale.

Alors qu’ils refusent de mettre la main au portefeuille, les militaires ne peuvent pourtant pas se désintéresser de Galileo, pour des raisons de sécurité. « On n’est pas totalement absents des discussions », murmure un officier supérieur, qui se décrit en « passager clandestin » du programme. Les systèmes de localisation jouent en effet un rôle déterminant. Sans eux, pas d’armes de précision. Car pour détruire un objectif à distance, il faut connaître sa position au mètre près. En Afghanistan, les GPS des Forces spéciales ont été beaucoup plus utiles que leurs fusils d’assaut... Un système « civil » de localisation très précis peut donc devenir une « arme par destination ». « Nous avons deux préoccupations, explique un officier. D’une part, que le système fonctionne en permanence pour les "gentils". C’est la continuité du service, sa capacité à ne pas être brouillé. D’autre part, que nous puissions empêcher les "méchants" de s’en servir. Nous appelons cela le déni d’accès. »

Qui se préoccupe de cela ? « Nous assistons à un conflit entre les marchands et les gardiens, résume Isabelle Sourdès-Verdier. Les ministres européens des Transports n’ont pas une culture militaire de la sécurité. » « Le Pentagone est très soucieux que les Européens ne fassent pas n’importe quoi en matière de sécurité », confirme un militaire français. Discrètement, la Commission européenne et l’Agence spatiale européenne ont donc créé le GSSB, le Galileo System Security Board, pour s’occuper de ces questions. Dirigée par un représentant du ministère britannique de la Défense et un général français, cette structure s’appuie en fait sur une petite société privée, France Développement Conseil (FDC), spécialisée dans les systèmes électroniques complexes. « Galileo constitue une révolution pour la Commission européenne, explique un officier. Il va obliger l’UE à se doter d’organes de sécurité crédibles aux yeux des Américains. » Et des militaires européens....