bUg <BR>Oth3r | Sécurité | vie privée | RE:vue de web |     | vie-privee.org | Big Brother Awards France | RenseignementsGeneraux.net
Fichier extrait de la mémoire cache de Bb) et -donc- des archives de bUg<BR>Oth3r, et +- nettoyé pour impression par rapport à sa VO sise à le 3 avril 2002 (la page a peut-être été modifiée depuis).

Bb) n'est ni affilié aux auteurs de cette page ni responsable de son contenu.

Des professionnels de la justice dénoncent une campagne sécuritaire
Dixit : Le Monde.

Ils sont magistrats, avocats, syndicalistes, éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), universitaires ou sociologues. Dès le mois de novembre 2001, plusieurs centaines d’entre eux s’étaient réunis dans des collectifs "contre la dérive" ou des réseaux "contre la haine" pour dénoncer d’une même voix la "surenchère électoraliste du thème de la sécurité et des peurs qu’il véhicule". Par des appels, des pétitions ou des tribunes publiées dans la presse, ils avaient alors rendu publiques leur inquiétude ou leur indignation, notamment après le vote, le 15 novembre 2001, par la majorité plurielle, d’une loi "scélérate et liberticide" sur la sécurité quotidienne (Le Monde du 17 décembre 2001).

Quatre mois plus tard, les initiatives se multiplient à nouveau, au sein de cette "gauche judiciaire", pour dénoncer la "fantastique hypocrisie", les "amalgames électoralistes" ou les "mensonges" des candidats à l’élection présidentielle en matière de lutte contre la délinquance. Loin d’être épargné par les critiques, Lionel Jospin, par ses propos sur les centres fermés ou la comparution immédiate des mineurs, a créé la consternation parmi ces professionnels de la justice pour enfants.

Des acteurs de terrain "estomaqués" par les propositions de la gauche.

"Tous nos collègues sont en colère, à la fois excédés et dégoûtés de voir comment la jeunesse est galvaudée et leur travail complètement dénigré, s’indigne Françoise Laroche, secrétaire nationale du Syndicat des personnels de l’éducation surveillée de la protection judiciaire de la jeunesse (SNPES-PJJ). Ils sont aussi estomaqués par les déclarations de Lionel Jospin, qui ne cesse de courir après la droite sur le terrain sécuritaire." Soutenu par une cinquantaine de directeurs de la PJJ, de magistrats, de sociologues, d’universitaires ou d’écrivains, le syndicat a lancé, mercredi 3 avril, un appel-pétition "contre l’enfermement des mineurs délinquants", prôné par la majorité des candidats à l’élection présidentielle, à l’exception des Verts et de la LCR. "Cette campagne nage dans la confusion, les candidats manipulent les chiffres, s’offusque Michel Kokoreff, sociologue et signataire de l’appel. Tout cela aboutit à mettre en avant la théorie de l’ennemi intérieur, qui prend aujourd’hui le visage d’un jeune issu de l’immigration."

(...)

Des magistrats contre "les mensonges électoraux" et "la violence mimétique".

La violence, pour l’Association française des magistrats de la jeunesse et de la famille (AFMJF), c’est aussi celle des "discours de plus en plus radicaux des représentants de la nation vis-à-vis de la jeunesse", ou celle des institutions "qui répondent par l’exclusion aux mineurs les plus en difficulté". Pour sortir de cette "violence mimétique", l’association anime, depuis plusieurs mois, un groupe de réflexion composé d’une vingtaine de magistrats, d’avocats, de policiers, d’éducateurs et d’élus, tous effarés d’entendre "le discours politique sur la jeunesse se réduire à une stigmatisation des mineurs sous prétexte de tolérance zéro".

(...)

Alexandre Garcia

ARTICLE PARU DANS L’EDITION DU 04.04.02