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Le grand manitou de la lutte contre le cyberterrorisme
Dixit : Le Monde.

En octobre 2001, M. Clarke a été nommé chef du bureau de la sécurité du cyberespace et président du conseil de défense des infrastructures essentielles. Dans un article accompagnant l’interview, Wired décrit Richard Clarke comme un vétéran de la guerre froide, recyclé tardivement dans une croisade contre les pirates informatiques. Avant d’arriver à la Maison Blanche, il a fait carrière au Pentagone puis au département d’Etat, où il a travaillé sur des dossiers stratégiques tels que le déploiement des armes nucléaires ou le contrôle des exportations de matériel sensible. Wired rappelle aussi que M. Clarke fut mêlé à deux affaires peu glorieuses. En 1985, il imagina une opération très compliquée visant à renverser le colonel Kadhafi. Le projet fut désavoué par le président Reagan et qualifié par le New York Times de "stupide et vénal". Sept ans plus tard, il fut accusé d’avoir délibérément ignoré un rapport des services secrets accusant Israël de revendre à la Chine des technologies militaires américaines. Il dut quitter son poste, mais fut transféré à la Maison Blanche. Il trouva très vite sa place au sein de l’équipe Clinton : "J’étais celui à qui on confiait les dossiers vraiment poisseux, comme la force de paix des Nations unies, Haïti ou la création d’une capacité de défense chimique ou biologique." Selon Wired, c’est lui qui persuadera en août 1998 le président Clinton de bombarder des cibles supposées terroristes au Soudan et en Afghanistan.

A son nouveau poste, M. Clarke ferait preuve du même zèle belliqueux. Wiredn’hésite pas à rapporter une déclaration de Bob Rosenberger, célèbre expert en virus informatiques :"M. Clarke est un fétichiste, un hystérique de la sécurité informatique (...), le McCarthy de l’Internet." Dans son entretien, M. Clarke prend soin d’adopter un ton mesuré tout en insistant sur la réalité de la menace cyberterroriste et les conséquences dévastatrices d’une éventuelle attaque sur les grands systèmes informatiques du pays : des pirates pourraient, par exemple, "mettre hors d’usage à distance les réseaux électriques et téléphoniques aussi sûrement que s’ils les détruisaient". Malgré tout, il est optimiste, car il possède désormais de réels pouvoirs : suite à son intervention, la Maison Blanche a récemment rejeté les budgets de deux ministères qui n’avaient pas prévu de dépenses pour remédier aux failles de sécurité repérées dans leurs systèmes informatiques.

En direction du secteur privé, M. Clarke dispose de nombreux moyens d’incitation et d’intervention. Il cite notamment le puissant levier des marchés publics : "Si nous trouvons un fabricant de logiciels (...) ou un prestataire Internet dont nous apprécions le travail, nous pouvons décider que le gouvernement [qui est le plus gros acheteur dans presque tous ces secteurs] achètera uniquement des produits répondant aux mêmes normes." Interrogé sur ses relations avec Microsoft, il confirme l’existence d’une collaboration étroite entre le géant du logiciel, le Pentagone et les services secrets : "Je pense que la prochaine version [de Windows] sera nettement supérieure aux précédentes, du moins s’ils intègrent tout ce dont nous avons discuté avec eux."

A terme, M. Clarke veut mettre en place une structure permanente de collaboration entre le gouvernement et l’ensemble des entreprises de sécurité informatique : partage des informations, cofinancement de la recherche, systèmes d’alerte instantanée en cas d’attaque cyberterroriste contre les Etats-Unis... Il affirme que la réalisation de ce projet est en bonne voie.

Yves Eudes