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Le débat sur la sécurité a accru le nombre de détentions provisoires
Dixit : Le Monde.

En six mois, le nombre de prévenus en détention a augmenté de 9 %, effaçant les effets de la loi sur la présomption d’innocence. Cette évolution s’explique par la polémique autour de l’affaire Bonnal et par le climat de la campagne électorale. Les magistrats se sentent placés sous surveillance par l’opinion.

Le ton sécuritaire de la campagne électorale a des répercussions jusque dans les prisons. Après plus d’un an de décrue, le nombre de placements en détention provisoire et de condamnations à des peines d’emprisonnement ferme a fortement progressé ces derniers mois, aboutissant à une augmentation importante de la population carcérale.

Signe d’une plus grande sévérité de la justice, le nombre total de personnes incarcérées a progressé de 9 % depuis octobre 2001, pour atteindre le pic de 51 549 détenus en mars 2002, soit un volume équivalant à celui du début 2000. En quelques mois, et dans la foulée de la polémique sur l’affaire Bonnal et du débat sur l’insécurité, le bénéfice de la loi sur la présomption d’innocence, qui avait permis une baisse substantielle de la détention provisoire, a donc été effacé.

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Les candidats interrogés par l’Observatoire des prisons sur le sens de la détention

A quoi sert la prison ? Deux ans après la publication de deux rapports parlementaires dénonçant une situation carcérale "humiliante pour la République" et "indigne de la patrie des droits de l’homme", l’Observatoire international des prisons (OIP) a interpellé les candidats à l’élection présidentielle sur un thème jusqu’à présent totalement absent de la campagne électorale. Leurs réponses, rendues publiques jeudi 11 avril, montrent que les problèmes de la prison ne divisent plus les principaux candidats selon un clivage droite-gauche et que le discours a nettement évolué en faveur d’une égalité des droits entre détenus et citoyens libres.

Des douze questionnaires renvoyés à l’OIP - Arlette Laguiller, Christiane Taubira, Corinne Lepage et Olivier Besancenot n’ont pas répondu -, il ressort en effet un large consensus sur la nécessité de garantir des droits fondamentaux aux personnes détenues. Liberté d’expression, droit de vote, accès aux soins, à la culture, à l’éducation, aux relations sexuelles ou aux minimas sociaux sont énumérés dans des listes plus ou moins longues par les porte-parole, de l’extrême droite à l’extrême gauche. "Tous considèrent que les conditions actuelles de détention en France sont mauvaises et ne respectent pas la dignité humaine", résume Thierry Lévy, président de l’OIP, qui se félicite de cette unanimité "qui n’allait pas de soi il y a encore quelques années". Le consensus est également assez large sur la nécessité de favoriser le retour à la vie sociale des détenus, seuls Bruno Mégret (MNR), Jean-Marie Le Pen (FN) et Lionel Jospin (PS) considérant qu’il ne s’agit pas là de l’objectif premier de la prison, celui-ci restant à leurs yeux la coercition.

Cette évolution des mentalités ne s’accompagne toutefois d’aucune proposition réellement novatrice. "Tout le monde rejette la prison dans sa réalité, sous prétexte qu’elle est mauvaise, inutile et ne répond pas aux attentes, analyse Thierry Lévy. Pourtant, beaucoup continuent à la défendre comme un symbole nécessaire de la répression et du bannissement." Ainsi, la plupart des candidats considèrent que le nombre de places en prison est insuffisant.

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