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ANACRIM : une technicité au service de la lutte contre la criminalité
Dixit : Défense Actu

Les moyens de lutte contre la criminalité, sur le territoire national ou en Europe sont sans cesse confrontés à des réseaux de criminels ou délinquants de plus en plus organisés. D’où la nécessité pour les organismes chargés de mener des enquêtes judiciaires de rechercher des outils nouveaux. L’analyse criminelle, appelée aussi ANACRIM, est un concept relativement récent en Europe. Il est utilisé par la Gendarmerie nationale, qui dispose de plusieurs centaines d’analystes opérationnels.

Depuis 1994, la Gendarmerie nationale française a développé un ambitieux programme en matière d’analyse criminelle (ANACRIM). Il comprend près de 400 analystes criminels opérationnels, implantés dans les sections et brigades de recherches, au plus près de l’activité judiciaire de terrain et dans les organismes centraux. Ils ont été formés d’abord au Service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRJD) à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et, depuis deux ans, au Centre national de perfectionnement de police judiciaire de Fontainebleau (Seine-et-Marne).

(...)

Deux domaines d’activité concernent l’analyse criminelle. D’une part, l’analyse stratégique, d’autre part l’analyse opérationnelle.

L’analyse stratégique consiste à étudier la criminalité soit d’un point de vue générique sur un phénomène de criminalité concerné appréhendé dans son ensemble, soit sur l’analyse de profil général d’auteurs ou de victimes. Mention sera donnée de l’analyse de méthode de contrôle général, qui vise à réfléchir à l’adéquation des méthodes de lutte face à une forme de criminalité.

A chaque activité stratégique vient en correspondance une activité d’analyse opérationnelle. L’action opérationnelle, centrée sur une enquête particulière ou une série d’enquêtes, a pour objectif de servir l’action des enquêteurs de terrain.

L’analyse de cas, à savoir celle d’une enquête en propre, a pour but de reconstituer la genèse du fait tant sur le plan des relations entre les différents protagonistes que l’enchaînement des événements.

L’analyse comparative de cas vise à découvrir les liens, les ressemblances ou à l’inverse les dissemblances entre une série de faits de même nature, dans le but de déterminer si certains peuvent être l’œuvre du même auteur. Les points de convergence peuvent concerner aussi bien le mode opératoire, les victimes et les auteurs si connus. La comparaison entre des faits similaires résolus et des faits qui semblent s’apparier encore à résoudre ouvre la voie, sous certains aspects, à l’analyse de profil spécifique. Cette analyse, mieux connue sous le terme de profilage, exploite tous les éléments des procédures, scènes de crime, de sorte à produire un profil de l’auteur probable éclairé des apports de la psychologie ou autres sciences comportementales. La Gendarmerie s’est engagée depuis peu dans ce nouveau concept d’aide à l’enquête judiciaire.

Les fondements de l’activité s’appuient sur la gestion de l’information contenue dans une enquête ou une série d’enquêtes. Conformément à la définition, il s’agit de mettre méthodiquement en lien les informations contenues dans les procès verbaux, véritable matière première de l’analyste. Il convient de traiter de toutes les relations entre toutes les entités : par exemple, de rattacher les appels téléphoniques à des abonnés, les abonnés à leurs correspondants, les correspondants à leurs autres relations et ainsi de suite. L’information est ainsi décomposée par nature et segmentée en unité élémentaire.

L’apport informatique est indispensable pour créer ce point de " mémoire centrale " de l’enquête.

Les bases de données sont la source d’une exploitation " relationnelle " des données et permet de répondre à toutes sortes de requêtes, façonnées à la demande ou automatisées pour les plus utiles ou fréquentes. Il devient ainsi possible d’interroger la base de données de sorte à n’extraire que l’information réellement utile et ciblée. Toutes les " entrées " sont ainsi possibles pour répondre à des questions de temps, de lieux, de relations, et dans certains cas toutes les questions qui peuvent permettre de préciser les lieux fréquentés par un individu, sa réputation, voire le profil de ses habitudes ou de ses comportements. La question des flux (d’argent, de marchandises etc.) peut aussi être traitée sous forme compilée en procédant à des cumuls de mouvements entre deux ou plusieurs entités. En couplant une approche cartographique à cette base de données, peuvent également être représentées sur la carte numérique toutes sortes d’éléments, tels le cheminement des auteurs, les indices laissés etc.

L’analyste et le directeur d’enquête disposent donc de la possibilité de répondre à toutes sortes de questions et d’apprécier une affaire ou une situation sous tous ses angles.

(...)

Pour en savoir plus : STRJD Département analyse criminelle 01 49 35 54 99