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Résistons ensemble contre les violences policières et sécuritaires
Dixit :

En juin 1997, le Parti Socialiste remportait les élections législatives sur la base d’un programme énonçant "trois priorités : l’emploi, l’éducation et la santé".

Trois semaines plus tard, Lionel Jospin annonçait pour son gouvernement "deux priorités : l’emploi et la sécurité".

Depuis cinq ans, la surenchère sécuritaire ne s’est pas démentie.

Des élections municipales à la campagne présidentielle, en passant par "le contexte de l’après 11 septembre", tout est bon pour justifier la répression :
- plan "Vigipirate renforcé",
- présence permanente des policiers dans les quartiers, y compris dans les écoles (dans le cadre des "contrats locaux de sécurité"),
- loi "sécurité quotidienne" (dispersion des rassemblements dans les halls d’immeubles, prison pour la fraude dans les transports en commun...)
- incarcération massive des jeunes des quartiers
- projets de "centres fermés" et autres maison de correction"
- culpabilisation, voire criminalisation des parents de "mineurs délinquants", accusés à tort de "démission" ou de complicité.

Cette politique sécuritaire, soutenue par une intense propagande des grands médias, occulte toute une série de violences sociales :
- chômage,
- précarité,
- discriminations racistes...

Elle vient aussi légitimer et nourrir d’autres violences, qui s’exercent contre la jeunesse issue des classes populaires et de l’immigration :
- contrôles au faciès, fouilles humiliantes, brutalités policières,
- sanctions disproportionnées prononcées dans les tribunaux
- violences contre les détenus...

Sans oublier la collaboration active des contrôleurs et des vigiles de toutes sortes.

Ces violences ne datent certes pas d’hier. Mais elles se multiplient ces derniers mois dans tout le pays. Notamment à Mantes-la-Jolie, Les Mureaux, Chatenay-Malabry, Paris, Saint Denis...

Elles sont couvertes par l’administration, et bénéficient de l’impunité judiciaire, même lorsqu’elles entraînent la mort. Par exemple, ces derniers mois :
- acquittement du policier Pascal Hiblot, qui avait abattu Youssef Khaif d’une balle dans la nuque.
- non-lieu pour la mort d’Abdelkader Bouziane, tué dans des conditions semblables.
- réduction à huit mois avec sursis des peines des policiers responsables de la mort d’Aissa Ihich.)

Ces décisions constituent de fait un permis de tuer. Moussa, abattu le 2 janvier 2002, en est l’une des plus récentes victimes.

En réaction à cette logique meurtrière, un courant de solidarité commence à se structurer.

C’est ainsi qu’est née l’idée d’organiser une journée de rencontres.

Il s’agit de permettre aux victimes, à leurs proches et à toutes les personnes déjà mobilisées contre les violences policières de se rencontrer, de témoigner et d’échanger des expérience, afin de se donner les moyens juridiques et politiques de résister ensemble.

Cette initiative n’a donc pas pour seul but de réfuter, une fois de plus, l ’argumentaire sécuritaire. En effet, une posture uniquement défensive rencontre vite ses limites, ne serait-ce que parce que nous ne disposerons jamais des moyens médiatiques acquis aux promoteurs de la surenchère sécuritaire. Au contraire, seule une action offensive est efficace. Il s’ agit désormais d’accuser et de rendre visibles les vrais problèmes.

Il s’agit surtout de contribuer à une plus grande visibilité des acteurs des banlieues, qui sont l’objet de nombreux discours, mais auxquels la parole est systématiquement refusée. Le mouvement des sans-papiers, après bien d’autres exemples, l’a rappelé : pour neutraliser les discours de mépris et de stigmatisation, seule est efficace la prise de parole des personnes concernées. Il s’agit donc de redistribuer les rôles, en laissant aux militants des banlieues, habituellement absents, ou relégués à la place du "témoin", le rôle d’ orateurs, d’analystes et de force de proposition.

Contre
- les violences faites aux jeunes des quartiers populaires et issus de l’immigration
- la précarité et l’insécurité que vit au quotidien une grande partie de la population

Agissons ensemble dimanche 26 mai 2002 de 10 h à 20h à la Bourse du travail de Saint Denis (11 rue Genin - M° Saint-Denis Basilique) Programme de la journée
- 10h00. Intervention de Mme Khaira Khaif, mère de Youssef
- 10h15/12h30. Outils politiques. Rencontre-débat avec des collectifs locaux
- 12h30/13h00. Histoire des luttes : projection du film Justice pour Zamani.
- 13h00/14h00. Pause déjeuner (possibilité de manger sur place)
- 14h00/16h30. Suite du débat avec les collectifs locaux
- 16h30/18h00. Outils juridiques. Rencontre-débat avec des magistrats du Syndicat de la magistrature et des avocats du Syndicat des Avocats de France
- 18h00. Histoire des luttes. Projection du film Douce France, la saga du mouvement beur.

Toute la journée : bar-table de presse. Premiers signataires : Act Up, APEIS, la Chaîne étudiante, Droits Devant, FASTI, collectif Les mots sont importants, MIB, MRAP, réseau contre la Fabrique de la haine, réseau No pasaran, RIRE, collectif Souriez vous êtes filmés, SUD-éducation, SUD-étudiants, SUD-Justice, Syndicat de la Magistrature.

Contact. Pour signer cet appel, écrire avant le 29 avril aux adresses ci-dessous : Résistons ensemble, CICP, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris Mail : azouzedc@hotmail.com Tél : 01 48 58 01 92 / 01 48 59 97 21 (demander Azouz) Fax : 01 48 59 71 39