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Le pillage informatique de la Cisjordanie
Dixit : Des ordinateurs et des terminaux fracassés, des câbles de serveurs sectionnés, des disques durs subtilisés, des disquettes et autres unités de stockage piétinées et rendues inutilisables, des imprimantes et des numériseurs en miettes.

Dans des centaines de bureaux occupés par l’administration palestinienne, et « visités » par les membres des forces armées d’Israël, on constate des scènes de pillage informatique. Des ordinateurs et des terminaux fracassés, des câbles de serveurs sectionnés, des disques durs subtilisés, des disquettes et autres unités de stockage piétinées et rendues inutilisables, des imprimantes et des numériseurs en miettes.

Amira Hass, du quotidien israélien Ha’aretz, écrit : « Ici et là, les soldats ont laissé des graffitis obscènes ou des messages haineux, mais si on les compare aux données détruites ou volées, les insultes sont des poèmes [...] Ce n’est pas seulement le coût du matériel qu’il faudra remplacer, mais c’est une perte qu’on ne peut mesurer en dollars ou en shekels : des années d’information transformée en connaissance, le temps que des milliers de personnes ont consacré à construire leur société civile et son avenir, ou à jeter les bases d’un secteur privé pouvant assurer une certaine stabilité économique à leur État. »

Le journaliste explique qu’au chapitre des dommages informatiques, on compte les bases de données des ministères de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Santé. Les bases de données d’organismes non gouvernementaux voués à l’agriculture, à la protection de l’environnement et à la conservation de l’eau ont subi le même sort, tout comme celles des organismes de défense des droits de la personne, des institutions financières, voire des supermarchés.

Hass rappelle qu’il y a eu quelques rapports de soldats israéliens pillant des biens de particuliers, gestes qu’il explique par la faiblesse des commandants à imposer la discipline et par l’appât du gain qui rongeait certains éléments des forces armées. Il estime toutefois que la destruction des bases de données ne relevait pas de la faiblesse humaine. Qui en a donné l’ordre ? Personne ne sait, sauf que le caractère systématique du pillage informatique ne peut relever du hasard. « Il est tellement facile et réconfortant », écrit-il, « de considérer l’ensemble de la société palestinienne comme une bande de terroristes assoiffés de sang après que la matière première de son activité intellectuelle, culturelle, sociale et économique a été détruite. »

L’article dérange. Beaucoup, même. Quiconque a subi une lourde perte informatique (cambriolage, incendie, cataclysme) connaît bien les conséquences. Dans les meilleurs des cas, on consomme un temps fou à s’en remettre, quand on n’a pas trop perdu d’archives irremplaçables non sauvegardées. À l’échelle d’un État en devenir, c’est la catastrophe.