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Travaux pratiques « face à la police »
Dixit : Michel Sitbon s’est fait une réputation détestable parmi les forces de l’ordre pour avoir publié « Vos papiers ! Que faire face à la police », un ouvrage signé du Syndicat de la magistrature.

Libération : Travaux pratiques «face à la police»

Société

Travaux pratiques «face à la police»
L'éditeur d'un livre sur l'usager confronté aux forces de l'ordre est poursuivi pour outrages.

Par Jacky DURAND

Le mercredi 08 mai 2002

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Michel Sitbon s'est fait une réputation détestable parmi les forces de l'ordre pour avoir publié «Vos papiers ! Que faire face à la police», un ouvrage signé du Syndicat de la magistrature.

  es démêlés avec la police ignorent les échéances électorales. Hier, à l'heure où Nicolas Sarkozy concoctait son équipe pour le ministère de l'Intérieur, l'éditeur Michel Sitbon était déféré au parquet de Paris. Le directeur de la collection «l'Esprit frappeur» (éd. du Lézard), s'est fait une réputation détestable parmi les forces de l'ordre pour avoir publié, il y a quelques mois, un ouvrage du Syndicat de la magistrature (SM, proche de la gauche) intitulé Vos papiers ! Que faire face à la police.

Scooter. Cette fois, ce sont les policiers du XXe à Paris qui lui rappellent leur lecture de la procédure en l'accusant d'«outrages» et de «violences à agent» survenus, selon eux, à l'avant-veille du second tour de la présidentielle. Le 3 mai dans l'après-midi, l'interpellation de deux jeunes sur un scooter place de la Réunion provoque un attroupement qui se déplace vers le bureau de police, rue des Orteaux. Les locaux de «l'Esprit frappeur» sont tout proches. Michel Sitbon vient aux nouvelles. «On lui a dit que ça ne le regardait pas», assurent ses proches. L'éditeur entre dans les locaux de police «pour en savoir plus». «Les fonctionnaires de police ont refusé de répondre à ses questions. Il s'est d'abord énervé verbalement», selon la préfecture de police pour qui «Sitbon a ensuite donné un coup de poing à l'épaule d'une gardienne de la paix qui a atterri contre une porte». Un officier intervient. Sitbon se calme. Selon la police, une main courante est rédigée pour «faire état de coup de poing». L'éditeur ressort libre.

Samedi matin, des policiers se présentent à son domicile et, en son absence, lui adressent une convocation. C'est qu'entre-temps, affirme la préfecture, la gardienne de la paix s'est plainte de douleurs. Les urgences de l'Hôtel-Dieu lui no tifient six jours d'interruption temporaire de travail. Lundi à 14 heu res, l'éditeur se présente à la police. Une heure plus tard, il est placé en garde à vue, où son avocat lui rend visite à deux reprises.

«Inhabituel». «Certes, Michel Sitbon a des formules peu amènes sur les policiers mais il n'a jamais touché quelqu'un», explique Me Antoine Comte. La Ligue des droits de l'homme (LDH) et le Syndicat de la magistrature ont publié, hier, un communiqué où ils s'étonnent du «laps de temps de plus de 48 heures qui s'est écoulé entre les faits reprochés et le placement en garde à vue de Michel Sitbon tout à fait inhabituel dans ce type de procédures, et du fait qu'il ait pu quitter librement le commissariat immédiatement après les faits qui lui sont reprochés». Pour la LDH et le SM, «la qualité d'éditeur iconoclaste et engagé en faveur des droits de l'homme de Michel Sitbon est de nature à donner une dimension tout à fait particulière à cette affaire. Pour ces raisons, ils appellent l'institution judiciaire à la plus grande vigilance sur l'impartialité et la sincérité des investigations menées sous son autorité».

Démenti. Hier, vers 17 heures, l'AFP affirmait que Michel Sitbon devait être jugé en comparution immédiate. Information démentie par le parquet où, semble-t-il, il a été décidé de notifier à l'éditeur une convocation à l'audience du 23 mai. Remis en liberté à 18 heures, Michel Sitbon se dit «scandalisé par la kyrielle de faux témoignages destinés à le mettre en accusation. Je n'ai fait que m'inquiéter d'une opération de police un peu véhémente dans mon quartier».


 

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