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Une grande PAF pour l’Europe
Dixit : Bruxelles suggère, au terme d’un « processus de convergence » comme pour l’euro, d’aboutir en quatre à cinq ans à une police intégrée des frontières européennes.

Libération : Une grande PAF pour l'Europe

Société

Une grande PAF pour l'Europe
Le principe d'unir les polices aux frontières doit être adopté le 30 mai.

Par Jean QUATREMER

Le mercredi 08 mai 2002

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Bruxelles suggère, au terme d'un «processus de convergence» comme pour l'euro, d'aboutir en quatre à cinq ans à une police intégrée des frontières européennes.

  Bruxelles (UE) de notre correspondant

u large de Gibraltar, une vedette rapide, drapeau européen ­ douze étoiles jaunes sur fond bleu ­ flottant au vent, accoste une fragile embarcation chargée à ras bord de jeunes Marocains désirant émigrer dans l'Union. A bord, l'équipe de gardes-frontières, Français, Italiens, Belges et Finlandais mêlés, uniforme bleu foncé, siglés EU (pour European Union) au dos de leur veste, casquette ornée des douze étoiles européennes, est placée sous les ordres d'un Allemand. Les étrangers sont transbordés et emmenés dans un centre de transit situé sur la côte espagnole. Quelques jours plus tard, un bateau britannique les embarque, destination Tanger. Une scène à laquelle on pourrait assister en Finlande, en Allemagne, en France ou encore en Italie, lorsque l'Union européenne aura créé un corps européen de gardes-frontières.

Estimations à la louche. Politique-fiction ? Nullement : la Commission a proposé, hier, aux Quinze d'en finir avec le morcellement des polices des frontières strictement nationales. Dans une communication intitulée «Vers une gestion intégrée des frontières extérieures des Etats membres de l'UE», elle suggère, au terme d'un véritable «processus de convergence», du type de celui qui a mené à l'euro, d'aboutir, en quatre à cinq ans, à une police intégrée des frontières européen nes. Le 30 mai, les ministres de l'intérieur des Quinze se réuniront à Rome, afin d'en adopter le principe.

Combien sont-ils à tenter de pénétrer l'Eldorado européen ? On n'en sait rien par définition, seuls ceux qui se font pincer étant comptabilisés. Ils sont plusieurs dizaines de milliers, en tout état de cause, à tenter l'aventure chaque année. Ainsi, en 2001, l'Autriche a intercepté 48 659 illégaux à ses frontières. Ou encore, en Grande-Bretagne, 400 à 800 personnes sont arrêtées chaque mois. Europol, l'office européen de police sis à La Haye, estime que 500 000 per sonnes entrent illégalement chaque année dans l'UE. L'Organisation internationale des migrations juge que le nombre de clandestins est passé de 1 million en 1991 à 3 millions en 1998. A Bruxelles on s'insurge contre ces estimations à la louche : «On n'en sait rien, on ferait mieux de le dire», estime une fonctionnaire. Reste que cette immigration illégale, souvent liée à la mafia, pourrait alimenter le «sentiment d'insécurité» et, au-delà, la montée en puissance de partis d'extrême droite. Mieux contrôler les frontières, «cela correspond à l'attente des citoyens», a d'ailleurs martelé Antonio Vitorino, le commissaire à la justice et aux affaires intérieures. Même s'il est vain de penser que les frontières seront un jour étanches, il est clair que l'efficacité des polices des frontières nationales laisse à désirer.

«Fardeau». «Chaque Etat est responsable de la surveillance de ses frontières extérieures», a rappelé hier Romano Prodi, le président de la Commission, ce qui n'a aucun sens dans un espace intégré. De fait, depuis la suppression des contrôles aux frontières communes, en 1995, destinée à faciliter les échanges entre les Quinze, l'Union ne forme plus qu'un seul territoire : une fois admis à y pénétrer, l'étranger peut circuler librement. Un pays comme le Luxembourg, par exemple, ne contrôle donc plus que son aéroport, et encore, pour les seuls vols provenant d'un pays tiers. La France doit faire confiance à l'Espagne, à l'Italie ou encore à l'Allemagne pour ses frontières terrestres. Le résultat de ce morcellement est que «le fardeau [des contrôles] repose sur certains Etats» et que chacun doit avoir foi en son voisin, ce qui n'est pas évident, comme le souligne Romano Prodi. Il faut donc communautariser : «Ainsi chacun se sentirait mieux protégé si tous participaient aux contrôles des autres.»

Bruxelles propose, dans un premier temps, de créer une «instance commune de praticiens des frontières extérieures», sorte d'Europol des frontières. Ce «chef d'orchestre» centralisera les renseignements, coordonnera l'action des différentes polices des frontières, élaborera des stratégies et des «analyses de risque» et harmonisera les équipements des personnels. Dans le même temps, une législation européenne sera adoptée, d'abord pour harmoniser les méthodes de contrôle aux frontières, mais aussi pour fixer les compétences, les pouvoirs et les limites d'action du futur corps européen de gardes-frontières. Un budget commun devra aussi être dégagé afin de partager équitablement le poids des contrôles. C'est seulement alors que, étape ultime, le corps européen verra le jour.


 

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