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Pétition contre l’enfermement des mineurs délinquants
Dixit : La campagne sécuritaire sans précédent, la surenchère politique et la surmédiatisation qui l’accompagnent, nous inquiètent fortement. C’est en effet tout un pan de la jeunesse qui est ainsi déclaré "irrécupérable", et dont le seul avenir ne pourrait être que l’enfermement, la mise au ban de la société.

Mineurs Délinquants: Des professionnels, des chercheurs prennent position contre l'enfermement

Mineurs Délinquants:
Des professionnels, des chercheurs
prennent position contre l'enfermement

 

 
«SIGNEZ l'appel !»
 
       
   
Les signatures sont à renvoyer au SNPES-PJJ / FSU :
54, rue de l'arbre sec 75001 Paris
01 42 60 11 49
01 40 20 91 62
         

 


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La campagne sécuritaire sans précédent, la surenchère politique et la surmédiatisation qui l'accompagnent, nous inquiètent fortement. C'est en effet tout un pan de la jeunesse qui est ainsi déclaré "irrécupérable", et dont le seul avenir ne pourrait être que l'enfermement, la mise au ban de la société.

Dans le concert de proclamations péremptoires sur l'impunité et la violence des mineurs, certains chiffres et faits passent inaperçus. Est-ce que l'on s'est ému d'apprendre qu'il y avait 16 000 mineurs vivant dans la rue ? (recensement des sans domicile fixe).
La violence que les jeunes exercent contre eux-mêmes, c'est-à-dire les conduites à risque et les suicides, si elle fait moins parler d'elle, est statistiquement largement plus importante que la violence liée aux incivilités ou à la petite délinquance. Et ce n'est pas parce qu'elle fait moins de bruit que nous en serions collectivement et socialement moins responsables !

Il ne s'agit pas de nier que des problèmes se posent, ni le fait que des réponses doivent leur être apportées. Mais si dans le débat public il est fait état d'une augmentation sans précédent de la délinquance des mineurs, tout est mis sur le même plan : "incivilités", insultes, petite délinquance, grand banditisme, corruption, crime... Si les actes de délinquance sont légitimement inacceptables, ces amalgames relèvent de la manipulation et désignent la jeunesse en difficulté comme principale responsable de l'insécurité. Cela relève de l'irresponsabilité et détourne des vraies solutions à mettre en oeuvre.

Alors, de quelles solutions parlons-nous ?

Des centres fermés ?

Rappelons que ce type de réponse a déjà existé : après les maisons de correction il y a eu, plus près de nous, le centre fermé de Juvisy.
Ces établissements ont été fermés sous un gouvernement de droite, par Monsieur Peyrefitte, pourtant peu suspect de laxisme en la matière. Ils ont fermé parce que c'était un échec ; parce que chercher à éduquer et à réinsérer un jeune quand il est enfermé, quand il n'a aucun choix possible, aucun espace de liberté, c'est mission impossible. Dans ces centres existait une violence extrême, entre les jeunes et entre jeunes et adultes ; la réinsertion restait aléatoire.

Une réforme de l'ordonnance de 45 ?

Contrairement à ce que veulent faire croire ses détracteurs, l'ordonnance de 45 n'organise pas l'impunité. Parce qu'elle prend en compte la spécificité des passages à l'acte adolescents, elle permet justement d'intervenir efficacement. En privilégiant la réponse éducative par rapport à la répression et à l'enfermement, elle indique clairement son objectif d'intégration sociale.

De plus, il faut tordre le cou à l'idée que l'on aurait donné trop largement place à l'éducatif, et qu'il faudrait en finir avec l'impunité des mineurs.

Quelle impunité ? Alors que 87 % des affaires des mineurs sont poursuivies contre 28 % de celles concernant des majeurs. L'ensemble des condamnations et décisions prononcées par les tribunaux et les juges pour enfants a plus que doublé au cours de la décennie écoulée (on est passé d'environ 35 000 sanctions en 1990 à environ 75 000 en 2001). Le constat est le même en ce qui concerne la plus dure des sanctions, l'incarcération : en 2001, 4000 mineurs ont été incarcérés, soit deux fois plus qu'en 1990. Et n'oublions pas, statistiques à l'appui, que 70 %des mineurs incarcérés récidivent dans les mois qui suivent leur remise en liberté.

Quelle priorité à l'éducation ? Aujourd'hui, il y a pratiquement 100 policiers pour 1 éducateur. La police est de plus en plus utilisée dans une fonction de contrôle, particulièrement vis à vis des jeunes de banlieue, au détriment de l'élucidation des faits de délinquance. Cela provoque un face à face jeune/police qui, loin de favoriser la tranquilité publique, multiplie les tensions et les risques de dérapage.
Malgré les créations d'emplois, il y a aujourd'hui, en tout et pour tout, 3000 éducateurs dans le service public de la PJJ, 230 psychologues et autant d'assistant(e)s de service social, pour l'ensemble du territoire ! Les juges pour enfants, pour leur part, ne sont que 362 nationalement.
En 20 ans, depuis les lois de décentralisation, le nombre d'assistants sociaux de secteur a dramatiquement chuté, les équipes d'éducateurs de prévention ont été décimées. Quant au nombre d'assistants sociaux et d'infirmier(e)s dans les établissements scolaires, il est ridiculement faible au regard des besoins !

Alors, osons vraiment l'éducatif, donnons lui les moyens au lieu de dire qu'il ne marche pas ! Et permettons aux professionnels de travailler à l'abri des pressions politiques !

Seule une politique d'éducation et de prévention ambitieuse se donnant comme projet de combattre les inégalités et les exclusions, de lutter contre l'échec scolaire, d'ouvrir de réelles perspectives d'avenir pour les jeunes en difficulté peut constituer une réponse et réduire les tensions sociales.

Pour construire des solutions de fond durables il est nécessaire : de développer une vraie politique de prévention, de conserver la double finalité d'éducation et d'intégration sociale, de concevoir la sanction pénale de manière exceptionnelle comme prévu dans l'ordonnance de 45. Il faut aussi s'appuyer sur tout ce que nous ont appris les sciences humaines, les pédagogues et les savoir-faire des professionnels de terrain en donnant à ces derniers les moyens de remplir l'intégralité de leurs missions.

Le discours ambiant est révélateur de la montée de l'intolérance à l'égard de la jeunesse des catégories sociales les plus démunies. Il nourrit un sentiment de peur à son encontre. Il produit un effet d'aveuglement qui nous ferait oublier qu'il s'agit d'enfants, d'adolescents, pour lesquels nous devons avoir une ambition éducative.

Les questions que renvoie la jeunesse posent aussi celles d'une conception de la démocratie, du monde que nous construisons et de l'avenir de notre société. Elles sont suffisamment graves pour ne pas être l'objet d'enchère électoraliste.

 

Appel à l'initiative du SNPES-PJJ (FSU)

 

 

 

 

 

Premiers Signataires :

ANGELINI Jean Marie (éducateur PJJ), ASCHIERI Gérard (Secrétaire général de la FSU), ATLAN Danielle (Secrétaire nationale du SNUAS-FP-FSU), AUCLAIRE Elisabeth (Présidente d'honneur du GRREM, groupe de travail droits de l'enfant à la LDH), BARANGER Thierry (Président de l'Association Française des Magistrats de la Jeunesse et de la Famille), BAVAY Francine (conseillère régionale I.D.F VERTE), BERTHO Alain (Sociologue), BEUZELIN Claude (secrétaire générale du SNPES-PJJ/FSU), BIDAUX Michel (Secrétaire départemental CGT Educ'action 93), BLANDIN Marie-Christine (Sénatrice verte), BLAYA Catherine (Co-directrice de l'Observatoire Européen des violences scolaires), BONNELLI Laurent (Sociologue ), BOURQUIN Jacques (Ancien directeur PJJ), BOURQUIN Maïtté (Ancienne directrice PJJ), BRAFMAN Jean (Conseiller régional ), BRAOUEZEC Patrick (Député-Maire Saint-Denis (93) ), BRUEL Alain (Magistrat, ancien président du tribunal pour enfants de Paris), BRZEGOWY Marc (Directeur départemental de la PJJ 93), CHENAULT Christian (Secrétaire général E.P.A / F.S.U), COMTE Antoine (avocat), CONCIALDI Pierre (économiste), D.A.L Fédération (Droit au Logement), DAUCET Noël (Secrétaire général SNU-ANPE ), DEBARBIEUX Eric (professeur des Universités), DEFRANCE Bernard (professeur de philosophie), DELANOË Nelcva (Professeur, Université Paris X Nanterre), DREVON Jean-Michel (secr national de la FSU), DUBET François (Professeur des universités, Directeur d'études à l'EHESS), DUNAIGRE Patrice (Pédopsychiâtre, responsable groupe de travail sur les Droits de l'Enfant LDH), ECOLAN Christian (Psychologue à la PJJ), EINAUDI Jean-luc (Educateur PJJ, écrivain), GENEIX Nicole (Secrétaire générale du SNUipp ), HALIMI Gisèle (Avocate), HAMON Hervé (Président du Tribunal pour Enfants de Paris,membre du comité directeur de l'AFMJF ), HAUSER-PHELIZON Emmanuelle (Avocate), HAZARD Michelle (Secrétaire générale du SNASUB-FSU), HERIN Maurice (Secrétaire général du SNESUP-FSU ), HERVY Patrick (Secrétaire général de la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves du Val-de-Marne FCPE 94.), HEURTEBIZE Hervé (Educateur Spécialisé ASE, CFDT Inter.CO 94), HULOT Frànçois (Secrétaire général UGSP-CGT ), JESU Frédéric (Médecin, pédopsychiatre, chargé de mission), JOHSUA Samuel (Professeur en sciences de l'éducation, université de Provence), JONQUET Thierry (Ecrivain), KOEPPEL Béatrice (CNRS), KOKOREFF Michel (Sociologue Lille 1), KRIVINE Alain (Député européen ), LABADIE Jean-michel (Professeur des universités, département de psychologie), LAFONTAN Jean (Secrétaire général du SNEP-FSU), LAMRI Sophia (Historienne Institut Maghreb Europe), LE CHEVERT Brigitte (Secrétaire générale du SNICS-FSU ), LE PENNEC Yann (Président de l'association Espace Formation, ancien directeur PJJ), LENOIR Rémi (Sociologue, Centre de sociologie européenne), LEVY Catherine (sociologue CNRS), MADEC Annick (sociologue), MANUEL Christine (Syndicat National des Psychologues ), MARCHAND J.m. (Député-maire de Saumur), MARINI François (Secrétaire général SNEPAP-FSU ), MENAHEM Georges (chercheur CNRS), MONTACLAIR Alain (Psychologue, maître de conférence IUFM Franche Comté), MOURIAUX René (politologue cevipof), MUCCHIELLI Laurent (Sociologue), OTT Laurent (Educateur, auteur, président de l'Association INTERMEDES), PAGET Denis (Co-secrétaire général du SNES-FSU ), PAILLARD Didier (1er maire adjoint Saint Denis,vice président Conseil Général 93 ), PERNOT Jean-Marie (Chercheur en science politique), PERU Christian (Conseiller principal d'éducation, Membre du B.N. du SNUEP-FSU), PLANTET Joël (Journaliste (Rédacteur en chef adjoint) à Lien Social), RAJSFUS Maurice (écrivain, président de l'observatoire des libertés publiques), RARRBO Kamel (sociologue), RIGOULOT Nicole (avocate au barreau de Besançon), ROS Jack (Directeur régional de la PJJ PACAC), ROUGY Béatrice (Présidente du MRAP Besançon), SALESSE Yves (fondation Copernic), SERIF-CFDT (syndicat de l'Equipement d'Ile-de-France. ), SEVESTRE Philippe (Secrétaire général SNAC FSU ), SPIRE Antoine (journaliste), STAMBOULI Mylène (avocate), SYNDICAT DE LA MAGISTRATURE (), TARTAKOWSKY Pierre (journaliste), TATU Patrick (Psychiatre), TISSOT Sylvie (co-auteur de "Stop quelle violence ?"), TOMKEWICZ Stanislas (Pédopsychiatre, directeur de recherche honoraire à l'INSERM), TOUATI Armand (Psychologue,Directeur de Cultures en Mouvement ), TUBIANA Michel (Président de la LDH), VACHETTA Roselyne (Députée européenne ), VAILLANT Maryse (Psychologue et écrivain), VILES Hector (Directeur honoraire PJJ, militant associatif Santé), VILLENEUVE Jean-luc (Secrétaire général de la fédération SGEN-CFDT ), VOYNET Dominique (médecin - secrétaire nationale des Verts), YVOREL Jean Jacques (Educateur, historien, chargé d'études à la PJJ), ZITTOUN François (psychanalyste, acteur de prévention et formateur), ...

 

Aujourd'hui 13 mai 2002 à 12:58:11, il y a 1718 signatures individuelles...


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