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Flash-ball : le pistolet qui peut tuer à moins de cinq mètres
Dixit : Le flash-ball à usage policier est un pistolet à canon juxtaposé, classé en 4e catégorie, qui projette des balles de caoutchouc souple, hyper-compressé, et non perforantes.

Libération : Flash-ball: le pistolet qui peut tuer à moins de cinq mètres Flash-ball: le pistolet qui peut tuer à moins de cinq mètres
Le ministre de l'Intérieur veut étendre l'utilisation de cette arme à la police de proximité.
Par Jacky DURAND

vendredi 17 mai 2002


Le flash-ball à usage policier est un pistolet à canon juxtaposé, classé en 4e catégorie, qui projette des balles de caoutchouc souple, hyper-compressé, et non perforantes.

'est une arme qui peut tuer si on l'utilise mal ; c'est un outil qui suppose quantité de précautions d'emploi et une solide formation, et pourtant le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a décidé d'en étendre l'usage à la police de proximité. Le flash-ball à usage policier est un pistolet à canon juxtaposé, classé en 4e catégorie (armes de défense et leurs munitions), qui projette des balles de caoutchouc souple, hypercompressé, et non perforantes. Chaque balle pèse 28 grammes et s'écrase au contact de la surface sur laquelle elle est projetée. «La puissance d'arrêt du flash-ball est comparable à celle du 38 spécial, munition d'arme de poing», explique un haut responsable policier qui cultive l'euphémisme : «Il faut éviter de tirer dans la tête. L'effet de choc peut provoquer des traumatismes, des hématomes sérieux.»

Le flash-ball équipe depuis 1995 les brigades anticriminalité (BAC) et certaines compagnies d'intervention, tels le Raid, le GIPN (Groupe d'intervention de la police nationale), les brigades de recherches et d'intervention (BRI) et les brigades régionales d'enquêtes et de coordination (Brec). Au total, la police française dispose déjà de 600 flash-balls. De là à les étendre à la police de proximité, il y a un pas que vient de franchir le ministre de l'Intérieur, provoquant de nombreuses inquiétudes. Car le flash-ball est «une arme traditionnelle» qui peut potentiellement tuer à moins de «cinq mètres», distance en dessous de laquelle les forces de l'ordre ne doivent pas l'utiliser. Un policier de BAC explique que l'emploi du «flash-ball doit se dérouler dans le cadre de la légitime défense. La riposte doit être proportionnelle à la menace à laquelle elle est censée répondre».

Formation. Dans les brigades anticriminalité, n'utilise pas le flash-ball qui veut. Il faut obtenir une habilitation délivrée après une formation dispensée par un moniteur de tir de la police nationale. «Les fonctionnaires qui l'emploient doivent passer trois fois par an à l'entraînement sur stand de tir», confirme-t-on à la direction de la police nationale.

«Il faut que l'emploi du flash-ball reste très cadré», indique Franck Baudry, secrétaire départemental du Syndicat national des officiers de police (Snop) dans les Hauts-de-Seine. Selon lui, le flash-ball perdra son caractère dissuasif, «si on s'amuse à tirer partout et n'importe comment». Un policier de BAC, qui en est doté depuis dix-huit mois, affirme «n'avoir jamais tiré avec». «Je le sors en patrouille à pied quand le besoin se fait sentir pour assurer une protection. Pour moi, le flash-ball est un juste milieu entre l'arme à feu et le poing. Quant au tonfa (le bâton de défense, ndlr), il ne sert qu'à parer les coups que l'on peut prendre.» Il faut, expliquent des fonctionnaires qui l'emploient, que le flash-ball reste une arme adaptée à certaines circonstances, «comme une attaque de groupe avec caillassage et battes de base-ball. Ça permet d'assurer la protection des citoyens et la nôtre en faisant peur à ceux qui sont en face».

«Gomme-cogne». Le flash-ball a été inventé en 1990 par un expert en balistique auprès des tribunaux, Pierre Richert, de Montigny-lès-Metz (Moselle), qui en a déposé le brevet. Une société stéphanoise, Verney-Carron, l'a développé et est la seule à le commercialiser dans l'Hexagone. Son directeur général explique que la part du flash-ball représente environ 5 % du chiffre d'affaires de cette entreprise spécialisée dans les armes de chasse. Il souligne par ailleurs que l'usage du flash-ball, utilisable jusqu'à une distance de 12 mètres, est aussi efficace qu'un «coup de poing décoché par un champion de boxe».

Le prix du flash-ball Superpro qui équipe la police est de 1 091,48 euros l'unité. Chaque balle en caoutchouc coûte 6,86 euros. L'équipement de la police de proximité aura un coût que l'on n'était pas en mesure d'évaluer, hier soir, au ministère de l'Intérieur. Des flash-balls, pour les particuliers, sont également commercialisés sous le nom de «gomme-cogne», en arme de poing. Classés en 7e catégorie (armes de tir, foires et salons), ils sont en vente libre mais soumis à déclaration. C'est une arme déjà connue des délinquants, comme des particuliers qui prétendent s'en protéger.