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Depuis la présidentielle, l’insécurité a reculé... à la télé
Dixit : Après le séisme Le Pen, des journalistes de France 2 ont déploré des reportages sans mise en perspective, des sujets sur la politique réduits aux « petites phrases » et des JT déséquilibrés où prédominent les faits divers.

Libération : DEPUIS LA PRÉSIDENTIELLE, L'INSÉCURITÉ A RECULÉ.. À LA TÉLÉ

Médias

DEPUIS LA PRÉSIDENTIELLE, L'INSÉCURITÉ A RECULÉ.. À LA TÉLÉ
Le nombre de faits divers repris aux JT est en chute libre.

Par Raphaël GARRIGOS,Isabelle ROBERTS

Le mercredi 15 mai 2002

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Après le séisme Le Pen, des journalistes de France 2 ont déploré des reportages sans mise en perspective, des sujets sur la politique réduits aux «petites phrases» et des JT déséquilibrés où prédominent les faits divers.

  nsécurité ? Quelle insécurité ? Si on regarde les journaux télévisés depuis le premier tour de l'élection présidentielle, l'insécurité n'existe plus. D'un coup, alors que la télé depuis des mois n'a eu de cesse de bombarder le téléspectateur de faits divers sordides en ouverture des JT, on n'en trouve plus un seul. A croire que le nouveau gouvernement, avant même sa mise en place, s'est montré très efficace...

Les chaînes ont-elles été échaudées par la polémique déclenchée au lendemain du premier tour sur la surexposition de l'insécurité dans les JT (Libération du 23 avril) ? La sortie de Julien Dray sur TF1, qu'il qualifie de TFN (« TF-haine»), a-t-elle eu une conséquence autre que de le faire exclure des plateaux de TF1 et LCI ? En tout cas le résultat est là.

Il suffit pour s'en convaincre de compter le nombre de reportages où apparaissent les mots liés à ce thème. Libération a effectué cette recherche grâce à Search, un moteur de recherche dans les programmes de télé développé par la société Peaktime. Les vingt jours précédant le premier tour, du 1er au 20 avril, TF1 a diffusé dans ses JT 72 sujets qui comportaient des termes liés à l'insécurité comme «violence», «délinquance» ou «agression». France 2 a diffusé 73 sujets répondant aux mêmes critères et France 3 pas moins de 60. Soit un total de 205.

En revanche, dans les vingt jours suivant le premier tour, du 21 avril au 11 mai, TF1 a diffusé 36 sujets liés à l'insécurité, France 2 en a diffusé 43 et France 3 est tombé à 29. Soit un total de 108. Depuis que Jean-Marie Le Pen a accédé au second tour de l'élection présidentielle, les chaînes ont donc consacré deux fois moins de sujets à ce thème. Une baisse phénoménale.

Remises en question. Selon Gérard Grizbec, président de la Société des journalistes de France 2, «les faits divers dont nous parlions avant le premier tour étaient bien réels. Depuis, il y a toujours des faits divers, mais on ne les montre plus». Le 30 avril, la Société des journalistes de la chaîne publique a convoqué une assemblée générale. «On se posait tous la question de savoir si on était responsables du séisme Le Pen», explique Grizbec. Plus de 150 journalistes dont Olivier Mazerolle, directeur de l'information, ont répondu présents pour une AG transformée, raconte Grizbec, en «une sorte d'exutoire». Certains déplorent des reportages sans mise en perspective, des sujets sur la politique trop courts et uniquement consacrés aux petites phrases, et des JT déséquilibrés où prédominent les faits divers. Des questions qui avaient été soulevées dès le mois de février par le Syndicat national des journalistes (SNJ), auquel il avait été répondu que France 2 en faisait toujours moins que TF1...

Cependant, nuance Grizbec, «quand on reprend les conducteurs des journaux, il n'y a pas tant de sujets sur l'insécurité qu'on le dit, il y a beaucoup de sujets positifs, sur l'action des associations dans les quartiers, mais ils sont forcément beaucoup moins spectaculaires qu'une voiture qui brûle en banlieue». En revanche, Grizbec juge «incroyable d'imbécillité» l'accusation formulée par Julien Dray contre TF1 : «Je pense que ni France 2 ni TF1 ne sont responsables du score de Le Pen». «Sinon, ironise-t-il, Balladur aurait été élu en 1995...».

Du côté de la direction, on n'est pas très à l'aise. Lundi, Olivier Mazerolle a organisé une réunion avec la rédaction. «C'était bizarre, note une journaliste, il a dit qu'on n'avait pas mal fait, mais en même temps, il a avoué que nos journaux étaient trop anxiogènes.» Mazerolle a du coup engagé une réflexion destinée à réformer l'information. Sur l'autre chaîne de service public, on s'interroge aussi. La Société des journalistes de France 3 tiendra d'ailleurs une AG les jours prochains. Certains à France 3 ont même dressé le bilan des sujets liés à l'insécurité entre janvier et avril 2002. Résultat : il y en a eu autant que sur la même période de 2001. Mais, selon Jérôme Cathala, chef du service politique «nous nous interrogeons beaucoup sur les mots employés dans les reportages, non pas par censure mais plutôt par souci de justesse».

«Lobotomisés». Si le service public se pose des questions, TF1, pourtant au premier rang des accusés, affiche une sérénité de façade, après le coup de sang contre Dray. Il y a une quinzaine de jours, lors d'une réunion avec les chefs de service, Robert Namias, directeur de l'information, a même rassuré les troupes en martelant que la rédaction de TF1 n'avait aucun reproche à se faire sur le traitement de l'insécurité. Pourtant, les journalistes sont parfois mal à l'aise : «Il n'y a eu aucune réflexion, aucune ligne directrice, aucun débat sur ce thème, observe l'un d'entre eux. On a traité l'insécurité comme on aurait traité une inondation.» Mais à TF1 personne n'ose dire mot et les journalistes en sont réduits à faire leurs critiques autour de la machine à café : «On est comme lobotomisés», déplore un reporter. «De plus, poursuit un autre, nous n'avons plus de société des journalistes depuis plusieurs années. Il n'y a même pas eu de communiqué en interne pour dire qu'elle s'était autodissoute parce que les pressions de la direction étaient trop fortes.».


 

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