bUg <BR>Oth3r | Sécurité | vie privée | RE:vue de web |     | vie-privee.org | Big Brother Awards France | RenseignementsGeneraux.net
Fichier extrait de la mémoire cache de Bb) et -donc- des archives de bUg<BR>Oth3r, et +- nettoyé pour impression par rapport à sa VO sise à le 6 mars 2002 (la page a peut-être été modifiée depuis).

Bb) n'est ni affilié aux auteurs de cette page ni responsable de son contenu.

Un réseau d’espionnage israélien démantelé aux Etats-Unis ?
Dixit : Le Monde, Libération .

Un vaste réseau d’espionnage israélien opérant sur le territoire américain a été démantelé, révèle dans sa dernière livraison la Lettre d’Intelligence Online, publication spécialisée dans les questions de renseignement. C’est sans doute la plus grosse affaire d’espionnage israélien aux Etats-Unis rendue publique depuis 1986. En juin 2001, un rapport d’enquête détaille les activités de plus d’une centaine d’agents israéliens, certains se présentant comme étudiants en beaux-arts, d’autres étant liés à des sociétés de high-tech israéliennes.

Tous ont été interpellés par les autorités, interrogés et une douzaine d’entre eux seraient encore incarcérés. L’une de leurs missions aurait été de pister les terroristes d’Al-Qaida sur le territoire américain, sans pour autant en avertir les autorités fédérales. Des éléments de cette enquête, repris par la télévision américaine Fox News, renforcent la thèse selon laquelle Israël n’aurait pas transmis aux Etats-Unis tous les éléments en sa possession sur les préparatifs des attentats du 11 septembre.

Ce n’est pas la première fois que des informations relatives à l’espionnage israélien apparaissent aux Etats-Unis depuis l’affaire Jonathan Pollard, condamné en 1986 à la prison à perpétuité pour espionnage en faveur d’Israël. Tous les gouvernements israéliens l’ont, depuis, présenté comme un "petit poisson" ayant agi par "amour d’Israël". Dans l’hebdomadaire The New Yorker du 18 janvier 1999, Seymour Hersh, à l’évidence puissamment alimenté par des sources de renseignement américaines, avait, à l’inverse, accrédité la version d’un espion de haut vol.

Pollard y était accusé d’avoir fourni aux Israéliens, pour beaucoup d’argent, le Rasin (pour Radio Signal Notations), manuel de base en dix volumes de la NSA, l’agence américaine d’écoutes téléphoniques, ainsi que le Sigint (Signal Intelligence) fournissant les codes d’accès et de cryptage du Rasin. En juin 1999, la revue Insight avait quant à elle longuement évoqué une enquête "secrète" de la division 5 du FBI quant à des écoutes téléphoniques israéliennes ciblant la Maison Blanche, le département d’Etat et le Conseil national de sécurité.

Son enquête se focalise sur deux aspects. Un : les Israéliens pouvaient-ils avoir une connaissance préalable des attentats du 11 septembre et ne pas avoir informé les Américains ? Certains rapports confirment que le Mossad a envoyé des représentants aux Etats-Unis pour les prévenir, avant le 11 septembre, de l’imminence d’une attaque terroriste majeure.

Le second volet de l’enquête touche à des sociétés israéliennes prestataires d’administrations ou de sociétés américaines, qui déroberaient des informations. Sont visés le fabricant de logiciels Amdocs, coté à Wall Street, qui liste, pour les 25 premières sociétés de téléphone aux Etats-Unis, tous les appels passés sur, vers et à partir du territoire américain, ainsi que les sociétés Nice et Comverse Infosys, cette dernière fournissant des programmes informatiques aux administrations américaines autorisées à procéder à des écoutes. Comverse est soupçonnée d’avoir introduit dans ses systèmes des "portes dérobées" afin d’"intercepter, enregistrer et emmagasiner" ces écoutes. Ce matériel rendrait l’"écouteur" lui-même "écouté".

Le rapport remis au ministère américain de la justice, auquel Le Monde a eu accès, montre que beaucoup des "étudiants en art plastique" soupçonnés d’activité illicite ont un passé militaire dans le renseignement ou des unités de technologies de pointe. Certains sont entrés et sortis des Etats-Unis à plusieurs reprises, restant chaque fois pour de courtes périodes. Plusieurs sont liés aux sociétés de high-tech israéliennes Amdocs, Nice et Retalix.

Selon un spécialiste israélien de l’espionnage, "cette histoire est une farce ridicule, pas sérieuse" . Contactés, les services du premier ministre israélien n’avaient, lundi soir 4 mars, toujours pas répondu à nos questions. Le ministère américain de la justice nous a indiqué qu’"une douzaine" de ces "étudiants" seraient toujours incarcérés, les autres auraient tous été relâchés ou expulsés. Le FBI nous a indiqué qu’il ne faisait "aucun commentaire à ce stade" . La CIA, le FBI, la DEA, l’INS, la NSA, le ministère de la justice et le Pentagone ont tous désigné un enquêteur sur ce dossier.

Dans son édition d’hier, le Washington Post, citant deux sources différentes, suggère que cette note a été rédigée par un agent de la DEA (Drug Enforcement Administration) persuadé d’avoir mis le doigt sur un nid d’espions. Cet agent aurait en vain tenté d’en convaincre le FBI et la CIA. « Mécontent », il tenterait depuis de faire « fuiter » ce qu’il croit être une énorme affaire.

Le FBI se refuse pour sa part à tout commentaire, sa porte-parole se bornant à dire qu’aucun Israélien parmi les dizaines expulsés en 2001, comme chaque année, « n’a été accusé d’espionnage ».

En privé, des responsables du bureau fédéral ne cachent pas qu’ils considèrent cette affaire comme « une histoire bidon ». Selon une source informée, la version du FBI serait la suivante. Les jeunes Israéliens, juste après leur service militaire, ont l’habitude de venir passer du temps aux Etats-Unis, vivant de la vente de tableaux, de jouets ou d’objets artisanaux. Ils sont souvent culottés, faisant du porte-à-porte, essayant d’entrer dans des entreprises mais aussi des bâtiments administratifs... Le comportement de certains d’entre eux aurait intrigué les services de la DEA, qui auraient commencé à enquêter sur leurs identités. Le fait que certains aient fait leur service dans les services de renseignements de Tsahal aurait fini de renforcer ces soupçons. Alerté par la DEA, le FBI aurait ouvert sa propre enquête, mais sans résultat spectaculaire : selon l’agence, rien ne permettait d’accuser d’espionnage ces jeunes colporteurs. Après le 11 septembre, une bonne partie d’entre eux ont été expulsés, comme l’ont été de nombreux étrangers travaillant avec un simple visa de tourisme.