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Washington veut ficher les visiteurs étrangers « à risque ».
Dixit : « Nous serons en mesure d’arrêter les terroristes à l’entrée du pays. Les empreintes digitales ne mentent pas. » John Ashcroft, Attorney General

Crispation sécuritaire aux Etats-Unis
Washington veut ficher les visiteurs étrangers « à risque ».
Par Pascal RICHE

vendredi 07 juin 2002

« Nous serons en mesure d’arrêter les terroristes à l’entrée du pays. Les empreintes digitales ne mentent pas. » John Ashcroft, Attorney General Washington de notre correspondant

oujours plus de sécurité ! Aiguillonnée par diverses fuites qu’elle a en partie elle-même orchestrées (menaces terroristes, défaillances du FBI et de la CIA), l’administration américaine durcit son dispositif sécuritaire. Mercredi, l’attorney général, John Ashcroft, a annoncé qu’il comptait ficher chaque année 100 000 visiteurs étrangers « à risque »... Photos et empreintes digitales seront comparées à celles des terroristes recherchés, puis consignées. Ils devront se signaler tous les ans aux services de l’immigration. Les critères de sélection de ces personnes resteront secrets. « Aucun pays n’est exempté », a précisé Ashcroft. Les étrangers en provenance d’Irak, d’Iran, de Libye, de Syrie ou du Soudan seront systématiquement fichés. Seule une partie de ceux qui viennent du Pakistan, du Yémen, d’Arabie Saoudite ou d’autres pays le seront, selon des critères relatifs au sexe, à l’âge et à la durée du séjour. Dès l’automne, 100 000 personnes, déjà présentes sur le territoire, seront appelées à se manifester pour être fichées. « Nous serons en mesure d’arrêter les terroristes à l’entrée du pays. Les empreintes digitales ne mentent pas », a déclaré Ashcroft.

« Proposition orwellienne ». L’annonce, contraire à toutes les traditions américaines des libertés publiques, a soulevé un vif débat. Pour certains, elle ne manquera pas d’aggraver la tendance policière à la discrimination raciale. « Nous avons toujours combattu les régimes totalitaires qui cherchaient à ficher les gens ou les incarcérer sur la seule base de la race ou la religion », a protesté le représentant démocrate du Michigan, John Conyers, en dénonçant cette « proposition orwellienne », allusion au roman 1984. Hier au Sénat, Ted Kennedy, sénateur démocrate du Massachusetts, qui conteste la « stigmatisation des visiteurs arabes et musulmans innocents », a rudement apostrophé le directeur du FBI, Robert Mueller. Ce dernier s’est borné à répondre que pour rester un « pays ouvert », il fallait « mieux travailler pour savoir quels sont les gens qui entrent sur le territoire, où ils se trouvent et quand ils partent ».

Réforme. La Commission judiciaire du Sénat devait entendre l’agent du FBI Coleen Rowley, qui a dénoncé il y a quelques jours l’inertie des « bureaucrates du siège » après l’arrestation, en août, de Moussaoui, le Français soupçonné d’avoir préparé le complot du 11 septembre. Hier soir enfin, lors d’une adresse à la nation, George W. Bush devait présenter une réforme majeure : le Bureau pour la sécurité du territoire, créé après le 11 septembre et confié à Tom Ridge, sera transformé en véritable département ministériel fédéral. Le Président devait également annoncer la création d’une nouvelle agence de renseignements, destinée à coordonner les informations sur les menaces d’attentat.