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L’obsession sécuritaire gagne plusieurs Etats, l’Espagne en tête
Dixit : La note, destinée au "groupe terrorisme" de Bruxelles, regroupant une trentaine d’experts des gouvernements membres pour la plupart des services de police, vise à "établir un formulaire type destiné aux échanges d’informations concernant les incidents terroristes".

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L'obsession sécuritaire gagne plusieurs Etats, l'Espagne en tête

• LE MONDE | 21.06.02 | 12h40

"TERRORISTES" et "antiglobos", même combat. A Séville, le grillage mesure deux mètres de haut, les policiers sont à cheval ou munis de chiens anti-explosifs : à l'occasion du sommet européen, les autorités espagnoles craignent des attentats terroristes et des débordements au cours des manifestations antimondialisation. Ce rapprochement entre terroristes et antimondialistes n'est pas nouveau pour le gouvernement de José Maria Aznar. Obsédé par sa lutte contre les séparatistes basques de l'ETA et les organisations politiques soutenant de près ou de loin l'organisation, Madrid a profité du climat créé par les attentats anti-américains du 11 septembre 2001 pour faire du contrôle de toute forme de protestation radicale une des priorités de sa présidence européenne, se heurtant à de fortes résistances parmi les Quinze.

"Au fil des différentes manifestations et réunions au sommet de l'Union européenne, on a pu observer une augmentation progressive des actes de violence et de vandalisme criminel commis par des groupes extrémistes radicaux, (...) [des] organisations qui, sous couvert de leur caractère légal, se livrent à des actions en marge de leurs activités déclarées, aidant ainsi indirectement les organisations terroristes à parvenir à leurs fins": cette citation, extraite d'une note de Madrid du 29 janvier 2001, reflète la ligne dure prônée par M. Aznar. Le texte estimait qu'"un formulaire type serait un instrument très utile pour prévenir, voire réprimer, le radicalisme violent des jeunes en milieu urbain, de plus en plus manipulés par les organisations terroristes". "L'Allemagne et l'Italie nous soutiennent, dit-on à la représentation permanente espagnole de Bruxelles. Il existe une prise de conscience depuis les attentats du 11 septembre. Depuis nous avançons."

La note, destinée au "groupe terrorisme" de Bruxelles, regroupant une trentaine d'experts des gouvernements membres pour la plupart des services de police, vise à "établir un formulaire type destiné aux échanges d'informations concernant les incidents terroristes". Au total, six versions ont été âprement discutées et amendées depuis janvier. La dernière date du 29 mai. Disponibles sur le serveur Internet de l'Union européenne, ces documents révèlent les lignes de fracture politique au sein de l'exécutif européen sur le sujet.

Pour l'avocat belge Jan Fermon, les propositions espagnoles représentent une menace sérieuse. "Il existe une dynamique de criminalisation des mouvements contestataires", craint-il. "Les groupes de protestation ne sont pas des organisations terroristes", conteste à son tour Tony Bunyan de Statewatch, une ONG de défense des libertés civiles en Europe basée à Londres. "Il n'y a pas de preuves, souligne-t-il, que les groupes protestataires aient un lien quelconque avec des vrais groupes terroristes."

L'idée d'une base de données recensant les manifestants violents et accessible par les services de police n'est pas nouvelle. Un mois après les heurts survenus dans les rues de Göteborg lors du sommet de la mi-juin 2001, les ministres des affaires intérieures se sont réunis à Bruxelles pour se saisir du dossier. Malgré la détermination, entre autres, du social-démocrate allemand Otto Schily, les ministres n'ont pas adopté la création d'une liste desdits activistes virulents et voyageurs. Ils se sont quittés néanmoins en recommandant aux pays européens d'harmoniser leurs législations afin d'arrêter aux frontières ces éléments perturbateurs.

La lutte contre le terrorisme, lancée par les Etats-Unis au lendemain des attentats du 11 septembre et reprise par la communauté internationale, n'a fait qu'accentuer la tendance sécuritaire, qui, selon les défenseurs des libertés civiles, entraîne une dégradation des principes fondamentaux des droits de l'homme. "Tous ces groupes de travail [à Bruxelles] ont en ligne de mire les mouvements antiglobalisation, les protestataires qui ne sont pas satisfaits de la société libérale", affirme l'avocat parisien Antoine Comte. Pessimiste, il estime qu'à l'avenir "on va mailler et corseter de manière très serrée les droits démocratiques. Les fichiers de renseignements ne vont pas seulement se croiser en Europe mais franchir l'Atlantique pour bloquer aux frontières certaines personnes indésirables lors d'un prochain Seattle".

"Des manifestants et des casseurs, il y en a toujours eu, indique sous couvert d'anonymat, à Bruxelles, un expert des questions de sécurité proche du "groupe terrorisme". Il ne faut pas confondre troubles à l'ordre public et terrorisme." Selon cette source, cette position est défendue par la représentation française et les pays nordiques, qui refusent l'amalgame tout comme l'échange des fichiers de police hors de tout cadre clairement défini. "On ne peut pas empêcher un flux d'informations entre les pays, admet l'expert. Mais si certains le font, à nous de vérifier s'ils respectent les grands principes. Avec cette sixième version du texte [de la présidence espagnole], nous avons trouvé un équilibre satisfaisant. Le document devrait être adopté prochainement sous la présidence danoise qui commence le 1er juillet." Un rien confiant, il rappelle qu'un texte comme celui proposé par les Espagnols doit être approuvé à l'unanimité lors d'un Conseil des ministres européens.

Nicolas Bourcier

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 22.06.02

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