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Rafle policière délirante dans une cité
Dixit : Tous ceux qui s’intéressent à la liberté d’expression et au refus des idéologies sécuritaires sont appelés à venir à Melun et au repas de quartier le samedi 6 juillet place Albert Schweitzer à Dammarie les Lys.

Rafle policière délirante dans une cité
AGRESSION CONTRE L’ASSOCIATION BOUGE QUI BOUGE À DAMMARIE

Lundi 24, à six heures du matin, plusieurs centaines de CRS (38 cars) et de policiers ont été mobilisés pour perquisitionner dans les locaux de Bouge qui Bouge. Cette association s’était créée après la mort d’Abdelkader Bouziane, abattu par un policier en 1997. Elle était intervenue récemment pour dénoncer deux nouveaux crimes policiers, dont la mort de Mohamed Berrichi, au cours d’une poursuite par la BAC. Invoquant un ordre du préfet consécutif à une demande d’expulsion de l’office HLM départemental, propriétaire des locaux qu’il avait officiellement concédé à l’association, les policiers se sont livrés à des actes de vandalisme, détruisant la photocopieuse et emportant ce qui leur convenait, dont un carton de T-shirts !

Au grotesque s’ajoutait le délire le plus dangereux : des tireurs d’élite étaient postés sur les toits !

Vers 13 h, un jeune ayant déjà été cogné, une dizaine de personnes se sont regroupés et les CRS ont chargé très violemment. Kader, le frère de Mohamed a reçu des coups et été emmené au commissariat. La police a procédé à des contrôles d’identité dans les halls d’immeuble et dans les cages d’escalier et aurait même pénétré dans les appartements. Les policiers sont restés sur place toute la journée, intimidant la population et se comportant avec une arrogance extrême.

La légalité de l’opération paraît plus que douteuse. Aucun ordre d’expulsion n’a jamais été présenté à l’association. Une assignation n’est arrivée par fax qu’à 16 h, soit dix heures après l’arrivée de la police. Celle-ci, rédigée visiblement sous l’influence directe de la préfecture invoque le fait " que l’association, depuis quelques temps a adopté une attitude incompatible avec d’une part , son objet, et d’autre part, ses obligations, attendu que sous son couvert, ses membres ou d’autres pesonnes ont maculé les murs de nombreux tags offensants sur les parties communes et ont fixé des banderoles sur l’immeuble ". Bref, les associations n’ont pas le droit de s’opposer aux institutions et aux crimes policiers et l’office d’HLM fait la police des idées !

L’assignation en référé est jugée cet après-midi à 14 h, devant le tribunal de grande instance de Melun et l’association Bouge qui Bouge appelle à cette occasion à un rassemblement devant le tribunal. Cette affaire est extrêmement grave, en elle-même et comme indicateur de la politique générale que le nouveau gouvernement, élu sur la vague sécuritaire, entend désormais appliquer dans les banlieues. Tous ceux qui s’intéressent à la liberté d’expression et au refus des idéologies sécuritaires sont appelés à venir à Melun et au repas de quartier le samedi 6 juillet place Albert Schweitzer à Dammarie les Lys. Le collectif Résistons ensemble, qui se réunit demain 19h au CICP 21 ter rue Voltaire, sera amené à traiter de cette affaire et de la riposte. La présence de tous ceux qui peuvent venir, les contributions de ceux qui ne le peuvent pas, sont les bienvenues.

Résistons Ensemble