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Six mois après
Dixit : Chroniques de Cybérie.

Lundi, 11 mars, recherche dans Google pour "11 septembre" : 228 000 résultats. En anglais, pour "september 11" : 2,7 millions de résultats, et pour "bin laden" 1,9 million de pages. En 180 jours, faites le compte. Hitler, toutes langues confondues, ne donne que 1,2 million de pages.

Évidemment, il faut parler du train de mesures législatives que bon nombre de pays ont adopté à toute vapeur. Au Canada, les lois C-36 (loi antiterrorisme), C-42 (sécurité publique) et C-44 (information sur les passagers aériens) ont modifié de fond en comble le Code criminel et introduit de nouvelles notions en droit canadien, comme la détention préventive, l’impossibilité d’invoquer le droit au silence, l’actualisation du concept d’« urgence », la création de zones militaires, la transmission de données personnelles à des tiers, etc. (...)

Parlons bourses. Les marchés ont sérieusement écopé de l’incertitude qui a immédiatement suivi le 11 septembre. Depuis, malgré une autre perte de confiance soulevée par les scandales Enron, Global Crossing et Andersen, l’indice Dow Jones est plus élevé qu’il ne l’était avant le 11 septembre. En fait, en ce jour qui marquait les six mois écoulés depuis les événements, le Dow atteignait la meilleure cote en neuf mois. « Achetez au canon, vendez au clairon » professe le dicton boursier. L’indice technologique NASDAQ s’en sort kifkif malgré, là aussi, la vague de scandales et une faiblesse des ventes au détail.(...)

Marc Ramirez du Seattle Times a compilé certaines statistiques de sources publiques qui tracent un portrait étrange des effets du 11 septembre. À Washington, on rapporte 600 incidents de violence ou de discrimination contre des personnes d’origine arabe ou de religion musulmane, dont 11 s’étant soldées par la mort des victimes. À Seattle, on enregistre une hausse de 26 % des ventes de livres sur la spiritualité. À Detroit, on accuse une baisse de 32 % des ventes de couteaux suisses Victorinox désormais interdits sur les avions. À l’échelle nationale, on notera l’embauche de 30 000 gardiens de sécurité supplémentaires dans les aéroports, et des recettes au guichet combinées de 294 millions de dollars pour les cinq films hollywoodiens traitant de guerre et de lutte au terrorisme ayant fait leur sortie depuis le 11 septembre. Retour chez Google, l’expression "post 9/11" (après le 11 septembre) nous propose 43 000 pages. En français, "après le 11 septembre" rapporte 5 270 résultats.

(...) Madame Laura Bush avait déclaré qu’après le 11 septembre, le taux de divorce avait chuté, le nombre de mariages avait augmenté, et le tissu familial s’était resserré. En fait, cette déclaration ne repose sur aucune donnée fiable. Au contraire, Kampeas fait état d’une hausse des divorces, d’une baisse des mariages, et d’une modification importante du comportement des femmes étasuniennes : une enquête a révélé qu’après le 11 septembre, 36 % des répondantes disaient passer davantage de temps avec leur chien, et 20 % plus de temps avec leur conjoint ou partenaire.

Le secrétaire d’État Colin Powell avait pour sa part affirmé qu’après le 11 septembre, les citoyens s’enrôlaient dans les forces armées en plus grand nombre. Encore là, les statistiques ne font état d’aucune hausse de l’enrôlement volontaire qui se maintient entre 6 000 et 7 000 personnes par mois.

Criminalité. Un sondage ABC/Washington Post laissait croire en un effet social profond du 11 septembre qui se traduisait par une plus grande conscience sociale et une baisse de la criminalité. De nouveau, une illusion que le très conservateur New Republic dissipe chiffres à l’appui. Par exemple, à Washington, le nombre d’homicides en septembre 2001 a été en hausse de 35 %, de 87,5 % en octobre, et de 92,9 % en novembre comparativement aux périodes correspondantes en 2000. Pour les six premières semaines de l’année, à Los Angeles, le nombre d’homicides était de 60 % supérieur à la période correspondante en 2000. On rapporte également une hausse de la criminalité à Philadelphie, Boston, Baltimore, Houston, St-Louis, la Nouvelle Orléans, Phoenix, Chicago et San Francisco.

Enfin, on sait que les États-Unis sont d’importants exportateurs de déchets dangereux. Pourquoi en serait-il autrement après le 11 septembre, et justement avec les débris métalliques du World Trade Center ? On apprend du groupe Corpwatch que 33 000 tonnes de débris du WTC ont été « exportés » en Inde, 50 000 tonnes en Chine, et diverses autres livraisons dans des pays asiatiques. En tout, 1,5 million de tonnes de ces débris pourraient prendre le chemin de l’Asie. Le problème réside dans la contamination de ces débris aux dioxines, biphényls polychlorés, cadmium, mercure, amiante et plomb. On sait que de nombreux pompiers, secouristes et préposés au déblayage des débris au WTC manifestent de mystérieux symptômes d’intoxication, ce qui n’a rien pour rassurer les « importateurs ».