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Opération Northwoods
Dixit : Couac.

Conçue et approuvée en 1962 par l’ensemble des chefs d’État-major du Pentagone, l’opération Northwoods1 est un scénario « bref et précis » décrivant avec une belle imagination et force détails l’organisation de faux attentats terroristes exécutés ou commandés par l’armée des États-Unis. Ces attentats qui auraient coûté la vie à des citoyens cubains et étatsuniens devaient servir de « prétextes » à une vaste campagne de désinformation internationale « justifiant » l’invasion de Cuba, et le renversement militaire du gouvernement communiste de Fidel Castro, le grand croque-mitaine de l’époque.

Après l’échec de la CIA à la Baie-des-Cochons, les chefs du Pentagone étaient prêts à tout pour convaincre la population de la nécessité de l’invasion militaire de Cuba. Les plus hauts gradés ont planifié une série d’attentats terroristes bidon (staged) contre des réfugiés cubains et des citoyens des États-Unis, afin de faire croire à des factions terroristes cubaines inexistantes. Les dossiers secrets récemment déclassifié sur du plan Northwoods, sous-titré « Justification pour une intervention militaire US à Cuba », ont été obtenus par le National Security Archives2. James Bamford, ancien producteur à Washington pour World News Tonight, avec Peter Jennings sur ABC, publiait récemment Body of secrets 3 dans lequel il consacre plusieurs pages à l’opération Northwoods.

Nous devons, écrivaient les stratèges militaires, convaincre « l’opinion publique mondiale, et le conseil des Nations Unies que le gouvernement cubain est téméraire et irresponsable, et de ce fait constitue une menace alarmante et imprévisible pour la paix de l’Hémisphère ouest. » Au programme : faire commettre des attentats terroristes à Cuba par les services secrets (CIA) à titre de « provocation légitime » pour tendre un piège à Fidel, et l’amener à menacer ouvertement les États-Unis de représailles. Organiser une campagne de désinformation médiatique internationale intense (harassment) pour convaincre la population mondiale que Cuba est une menace permanente pour l’ensemble des pays démocratiques. (Nous sommes tous Américans, tsoin-tsoin !) Pour ajouter du poids à la désinformation médiatique, les hauts gradés avaient prévu entre autres de « faire exploser un dépôt de munitions à l’intérieur de la base de Guantanamo, détourner des avions civils, incendier des avions militaires (sabotage).

Faire tirer des coups de mortiers à partir de la jungle, sur la base par des amis cubains (freindly Cubains) déguisés en soldats ennemis. Nous pourrions faire exploser un navire US dans la Baie de Guantanamo. [...] Des cargaisons d’armes « cubaines » destinées aux communistes underground de République dominicaine pourraient être trouvées sur les plages ou interceptées dans les eaux internationales. » Pauvre Arafat !

Le 20 février 1962, John Glenn décollait de Cap Canaveral. Le chef d’État major, l’amiral Lyman Lemnitzer, a proposé de tuer Glenn en faisant exploser sa fusée, et de produire ensuite une série de preuves trafiquées prouvant « scientifiquement » que les Cubains avaient provoqué l’explosion en émettant des signaux d’interférence électronique, grâce à la technologie militaire russe. On sait qu’ils sont forts là-dessus les Étatsuniens, prétendre que leurs nombreux ennemis sont surarmés et ultra avancés technologiquement, pour stimuler la « recherche scientifique » et l’industrie militaire. La publication d’une fausse liste de victimes dans les médias et des funérailles nationales bidon étaient aussi planifiées.

Fait intéressant, il a aussi été question de fabriquer un drone (sic : un avion téléguidé, les militaires de 1962 utilisaient déjà ce nom) et de le maquiller aux couleurs d’un avion de ligne. Au moment opportun, le drone aurait été affecté comme charter touristique sur une route aérienne survolant Cuba. Après avoir décollé d’un aéroport civil connu, avec un chargement de passagers soigneusement sélectionnés par les services secrets, tous inscrits sous des noms d’emprunt, l’avion aurait atterri dans une base secrète pour faire descendre les passagers avant de poursuivre son trajet. Une fois au-dessus de Cuba, le drone aurait émis sur la fréquence de détresse internationale May Day une série de S.O.S. préenregistrés par le pilote prétendant à une attaque par des MIGs cubains, avant d’exploser par commande distance. Ce sont les opérateurs de l’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale) qui auraient capté le message en primeur, et auraient eu la pénible tâche « d’informer » le gouvernement des États-Unis et le monde entier de la terrible nouvelle. La publication d’une fausse liste de victimes dans les médias et des funérailles nationales bidon étaient aussi planifiées.

Malgré la campagne de désinformation pour faire croire au « monde libre » que les États-Unis désiraient « libérer le peuple cubain de la dictature communiste », les stratèges militaires étaient conscients que la population cubaine appuyait majoritairement Castro. Lemnitzer avait prévu l’instauration d’un État policier. « Il faut prévoir une prise de contrôle militaire rapide de Cuba. Une action policière continuelle sera ensuite requise. » Pauvres Afghans ! Craignant une guerre nucléaire avec la Russie, le président Kennedy a refusé les plans de Lemnitzer.

James Bamford écrit que malgré ce refus, le Pentagone n’a jamais cessé de comploter. La lumière n’a jamais été faite non plus sur les attentats de 1964, à l’origine du déclenchement de la guerre du Vietnam. Deux destroyers étatsuniens auraient été attaqués par des vedettes rapides vietnamiennes dans le Golfe du Tonkin. « Faire exploser des bateaux US, il s’agit simplement de changer les mots Baie de Guantanamo par Golfe du Tonkin, et Cuba par Nord Vietnam et voilà l’opération Northwoods ressuscitée », conclut Bamford. Cette guerre a tué 50 000 Étatsuniens et 2 millions de Vietnamiens.

JACQUES BOUCHARD, qui propose également une contre-enquête sur les attentats du 9 septembre.