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GPS versus Galileo : la nouvelle bataille du satellite s’anime
Dixit : Silicon, ZDNet, ZDNet.

Les Quinze ont finalement voté oui, contre la pression des Etats-Unis. Ils ont procédé à un coup de théâtre au sommet européen de Barcelone, ce 16 mars : les Quinze ont sciemment ignoré les pressions des Etats-Unis. Ceux-ci enjoignaient les dirigeants européens de ne pas créer un système concurrent au GPS (Global positioning system) -ou système de positionnement et de guidage en temps réel par satellite- dont l’Amérique détient le monopole technologique.

Dans cette bataille serrée entre Etats-Unis et Europe, la France (avec le groupe Alcatel) s’est longtemps trouvée isolée, devant l’inflexibilité des autorités américaines. Celles-ci, après s’être félicitées d’avoir su développer un système universel, avaient invoqué des critères de sécurité géopolitique et de stratégie anti-terroriste pour maintenir le monopole du GPS initié et contrôlé par la Défense américaine.

L’accord doit être formalisé le 26 mars prochain, lors de la réunion des ministres européens des Transports. Il permettra un financement initial de 450 millions d’euros. Le programme, qui prévoit la mise en orbite d’une trentaine de satellites, est évalué à 3,4 milliards d’euros. Il doit attirer des investissements privés pour la phase de déploiement prévue à l’horizon 2005.

C’est le ralliement de l’Allemagne au programme Galileo, fin février, qui a permis de débloquer la situation. Jusqu’ici le soutien actif ne provenait que de la France, de l’Espagne et de l’Italie.

"C’est un projet important pour l’avenir de l’Europe et son affirmation comme entité politique autonome et maîtresse de son devenir en toutes circonstances. Nous ne saurions en effet accepter une vassalisation de l’Europe en matière spatiale", a souligné, pour sa part, le président Jacques Chirac. "Nous devons naturellement coopérer avec les Etats-Unis, mais sur une base de réciprocité", a-t-il ajouté.

Effectivement les autorités américaines se sont déclarées prêtes à engager des négociations avec la Commission européenne sur la compatibilité des deux systèmes. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas, qui ne voyaient pas l’utilité d’une alternative au système américain, fourni gratuitement aux Alliés, avaient jusqu’à présent repoussé toute initiative européenne. Selon Reuters, ils appuyaient officiellement leurs arguments sur les conclusions d’une étude commandée au cabinet de consulting PriceWaterhouseCoopers (PWC), et selon laquelle les incertitudes des investissements privés obligeraient les Etats à accroître leur contribution.

Le projet européen de géolocalisation, potentiel rival du GPS américain à partir de 2008, devrait créer un marché de services estimé à 9 milliards d’euros par an. Une manne qui attire les industriels, fournisseurs de matériel ou de services.

Le lundi 18 mars, les représentants des sociétés Eutelsat SA (l’ancien GIE semi-public), FDC, Hispasat, Indra, Kongsberg-Seatex AS, Septentrio, Telespazio et Thales (ex-Thomson-CSF), ont signé un protocole d’accord (Memorandum of Understanding ) pour la création de ce consortium. Il est présenté comme une « association à but non lucratif », alors que sa mission déclarée a tout d’un lobby bien organisé : « Galileo Services regroupe des entreprises qui ont un intérêt stratégique quant au développement du marché aval, qui sera généré par le programme Galileo », expliquent ses membres dans un communiqué.

Plusieurs sources nous ont précisé que le consortium Galileo Services est piloté essentiellement par le groupe français Thales, spécialiste de l’électronique spatial et militaire, qui se présente comme « un leader mondial en matière de fourniture de services de navigation par satellite et de télématique [qui] exploite le plus performant et le plus étendu des réseaux commerciaux [basé sur le] GPS ».

Le projet de "GPS européen" comprend en effet la création d’une « entreprise commune » entre secteur public et secteur privé dès 2002. La question est également inscrite à l’ordre du jour du conseil européen du 26 mars. Cette société doit gérer les phases de développement et de déploiement, et perdurer après 2008 lors de l’exploitation. Chaque entreprise "membre" devra verser un ticket d’entrée de 20 millions d’euros (1 million pour les PME).

Galielo Services se place donc en futur actionnaire de cette société mixte, mais rien ne se fera sans l’aval de la Commission européenne et des pouvoirs publics. Une autre lobby attend dans l’antichambre du futur réseau : Galileo Industries, joint-venture créé en avril 2000 par les principaux fabricants de matériel spatial du Vieux Continent (Alenia Spazio, Alcatel Espace et Astrium). Eux sont intéressés par le potentiel du réseau dès sa phase de déploiement (2006, 2007).