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Savoirs autonomes et potentialités
Dixit : Bureau d’étude.

En marchant dans les villes connectées aux réseaux de distributions mondiaux, nous passons d’un imaginaire à l’autre, de Monoprix (tm) à la Fnac (tm), d’UGC (tm) à Friskie’s (tm), de la Fondation Pinault (tm) ou Guggenheim (tm) à Mac Do (tm), activant à chaque fois des champs de possibilités relationnelles, communicationnelles ou sensationnelles, équivalentes et interchangeables. Ces possibilités-marchandises © proposées par la culture mondiale du supermarché naissent de désirs et de besoins suscités par la publicité et par les médias.

(...) Dans ce contexte émergent des formes d’autonomies. Elles se manifestent dans la montée en puissance d’une intellectualité, d’une créativité et d’une résistance diffuse, d’individus et de collectifs créant des formes de vie (expressives, alimentaires, passionnelles, urbaines), mettant en oeuvre des formes de désobéissance sociale ou de désobéissance civile, développant leurs compétences et sécrétant du sens de façon autonome et critique.

(...) Un savoir autonome décolonise les possibilités de l’être et ouvre l’existence et le potentiel de l’être par des partages horizontaux de savoirs et d’expériences : hacklabs (laboratoire informatique) italiens dans le domaine de l’informatique ; réseaux d’échange réciproque de savoir ; pratiques amateures en biotechnologies (Critical Art Ensemble, groupe d’artistes et de chercheurs basé aux États-Unis) ; lutte pour une mise en accès de l’espace extra-atmosphérique (Association of Autonomous Astronauts) ; vidéo de proximité (par exemple à Bruxelles par PTTL, groupes d’artistes) ; luttes pour une organisation et une gestion partagées du monde environnant (de l’eau dans le cas de la SEMAPA - groupements de riverains- à Cochabamba (Bolivie) ; des réseaux dans le cas de Seattle Wireless à Seattle (États-Unis) ; de la terre dans le cas du Mouvement des Sans Terre au Brésil ; de l’espace urbain dans le cas du mouvement squat en France ; de la circulation dans le cas de Kein Mensch ist Illegal (collectif né en Allemagne)... etc

(...) On sait l’importance des médias (téléphones cellulaires, ordinateurs, Internet, radios, télévisions, cb, photocopieurs, ...) dans la constitution et la pérennité des mouvements sociaux et des formes de vie autonomes. La mise en oeuvre de ces médias - et notamment d’Internet et de l’informatique qui lui est associé - requiert des savoirs autonomes spécifiques qui sont produits et diffusés par des collectifs, des réseaux de coopération, des individus : réseaux de production d’informations alternatives et webzines (Indymédia, Nettime), des infoshops (Malocka à dijon, infoshop La Torre à Rome, ou plus généralement voir infoshop.org ), fanzines, télévisions autonomes (Free Speech Television, TV Bocal à Paris, Deep Disk, Paper Tiger à Amsterdam), maisons d’édition (Encyclopédie des nuisances, L’esprit frappeur, Liber Raison d’agir à Paris, L’éclat à Nîmes, b_books à Berlin), radios (KPFA à Berkeley, Radio popolare à Milan), hacking (Electrohippies en Angleterre ou l’Electronic Disturbance Theater aux USA) logiciels permettant de conserver l’anonymat (Freedom créé par Zero Knowledge), système d’exploitation en code source ouvert (réseau Linux, Free Software Foundation), fournisseurs gratuits de musique enregistrée (napster avant son achat par le groupe allemand Bertelsmann, réseau MACOS - Musicians against copyrighting of samples), cryptographie (cryptography.org), hébergeurs de site internet autonomes (ecn.org, Sindominio en Espagne, samizdat.net en France), hackmeeting (par exemple à Barcelone en octobre 2000) et plus généralement réseaux articulant de multiples savoirs et incluant généralement des formes de vie (earth first !, EZLN zapatistas, squatnet), squats (mouvement « okupa » et centres sociaux occupés en Espagne représentant des projets de société dans un pays sans allocation logement et sans RMI ; et modes d’action similaires à ceux qui sont mis en oeuvre en Italie ou en France : transports gratuits ; opérations « caddies » (appropriation gratuite de biens de consommations fondamentaux dans les grandes surfaces).

(...)