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On a raison d’être terrorisé
Dixit : Le Couac.

Petite histoire des arrestations politiques au Québec depuis 1999

Nombreux sont ceux qui s’inquiètent de la nouvelle loi antiterroriste : les avocats du Québec par la voix du Barreau, les députés du Bloc Québécois, les journalistes, les militants antimondialisation... Ces gens craignent que les policiers ne profitent de leurs nouveaux pouvoirs pour s’attaquer à des groupes qui n’ont rien à voir avec le terrorisme islamique, tel les militants antimondialisation ou les militants autochtones.

On a effectivement raison de s’inquiéter quand on sait qu’il y a eu au moins 981 arrestations à caractère politique au Québec depuis 1999 (l’article date de décembre 2001, et est donc antérieur à la répression de la manifestation organisée par le comité Citoyens-nes opposés-es à la brutalité policière le 15 mars 2002, cf Les policiers sont les véritables casseurs, NDLR). Ainsi, les policiers n’ont pas attendu une loi antiterroriste pour frapper fort contre le mouvement antimondialisation, qu’ils espèrent intimider en procédant à des arrestations massives. Certaines de ces arrestations semblent justifiées en raison d’actes criminels.

Il en est ainsi des frappes contre des McDonald’s ou des banques (15 mars 2000) ou l’occupation illégale d’un bâtiment (le squat de l’été 2001). Mais la distinction entre criminels — les fameux « casseurs » — et manifestants n’explique pas grand chose. Qu’il y ait de la « casse » ou non, les policiers semblent en effet bien décidés à procéder à des arrestations. Ainsi, les 157 personnes arrêtées à Westmount le 1er mai 2000 n’avaient eu le temps que de descendre de leurs autobus et marcher quelques coins de rue sans commettre le moindre acte criminel.

Cette fois-là, les policiers coffrent tout le monde, dont des photographes et des journalistes. Au Sommet des Amériques également, les policiers arrêtent un nombre surprenant de journalistes.

Ces erreurs sur la personne prouvent une chose : les policiers ne sont pas intéressés à distinguer entre « casseur » et « pacifiste ». Ils prennent ceux et celles qui leur tombent sous la main et les embarquent. Si des journalistes sont ainsi pris au piège, il y a fort à parier qu’un certain nombre de manifestants le sont aussi.

L’intimidation ne se limite pas à ce millier d’arrestations politiques. Un exemple ? Le samedi 17 novembre, à Ottawa, les policiers ont bloqué l’avance de deux manifestations de citoyens qui protestaient contre le G20, le Fond monétaire internationale et la Banque mondiale. Les policiers avaient décidé que seuls les manifestants acceptant de se laisser fouiller seraient autorisés à poursuivre leur route. Comme la fouille d’un individu prenait environ une minute et qu’il y avait environ un millier de manifestants, ce processus aurait pris plusieurs heures et les manifestations seraient arrivées des heures en retard au lieu de convergence où les discours étaient prévus. Il aura fallu aux manifestants retourner sur leurs pas pour déjouer les policiers. Cette même journée, les policiers avaient fouillé des manifestants débarquant d’autobus en provenance de Montréal.

Ces procédures sont illégales, selon un avocat de Montréal. Les policiers doivent le savoir. Ils s’en foutent. Ce qu’ils veulent, s’est intimider un mouvement politique. Voilà pourquoi ils s’acharnent sur certains individus, détenant pendant des semaines ceux qu’ils croient être des leaders, tel Jaggi Singh après le Sommet de Québec ou les membres du mouvement Germinal, dont le groupe avait été infiltré par des agents provocateurs qui avaient fourni le matériel militaire qui servira à incriminer les militants...

La loi antiterroriste vous inquiète ?

FRANCIS DUPUIS-DÉRI